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QUESTION D'ACTU

12 millions de Français insomniaques

Mauvais dormeurs… Mythe ou réalité ?

Les Français dorment mal, mais ont-ils réellement besoin de dormir. La science n’a pas encore vraiment de réponse formelle.

Mauvais dormeurs… Mythe ou réalité ? inesbazdar/epictura

  • Publié 13.11.2017 à 16h06
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Vingt pourcent des Français déclarent souffrir de troubles du sommeil. Quelques 12 millions de mauvais dormeurs qui se plaignent de nuits trop courtes ou sans sommeil, de difficultés d’endormissement ou de réveil. En fait, il s’agit souvent d’une impression plutôt que d’une réalité et lorsqu’on enregistre le sommeil, à l’hôpital, ces plaintes ne retrouvent pas toujours de justifications sur la machine d’enregistrement. Ainsi, dire : « Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit » est pratiquement toujours faux ! Les périodes de sommeil sont en fait présentes et nombreuses, mais ce sont les micro-éveils, partie normale de toute nuit qui sont – dans le cas du mauvais dormeur – conscients. Une nuit normale de sommeil, ce sont des dizaines de mini-sommeils enchaînés. Par exemple, il est impossible de bouger lorsque l’on dort sans être réveillé. Le sommeil se définit par le relâchement musculaire total. En clair, on ne peut pas dormir debout… et chaque fois que l’on change de position, ce qui chez certaines personnes se produit plusieurs dizaines de fois par nuit, c’est en étant inconsciemment réveillé. Autre exemple, entre chaque phase de sommeil, personne n’échappe à un éveil total de plusieurs dizaines de secondes. Si quelqu’un allume la lumière à cet instant, il vous trouvera les yeux grands ouverts, parfaitement éveillé… mais prêt à replonger dans les limbes. Alors certains chercheurs se sont posé le problème de l’utilité réelle du sommeil.

Réflexe contre la peur du noir

Certains vont même imaginer que dormir est un réflexe archaïque de peur contre le noir. C’est vrai que parmi les espèces qui vivent sur cette planète, l’homme est un des plus gros dormeurs et un des plus fragiles lorsqu’il dort. Donc depuis des siècles, les expériences de privation de sommeil – volontaires ou imposées par les fracas de la vie – ont été nombreuses. Le record – authentifié – appartient à un adolescent américain avec 11 jours sans sommeil. Sous contrôle médical, en particulier dans le cadre d’expériences chez les militaires, les 8-10 jours ont été fréquemment atteints. Si les volontaires de ces expériences se sont plaints de manque de concentration ou de mauvaise humeur, le corps a parfaitement résisté et, plus fort, après une grosse nuit de sommeil, il n’y avait plus aucune trace de cette insomnie. Le professeur Jouvet, un Lyonnais spécialiste mondial du sommeil récemment disparu, avait une patiente de 27 ans souffrant d’une maladie du cerveau très rare qui est restée 4 mois sans dormir ni même en éprouver le besoin. Suivie pendant tout ce temps à l’hôpital – il s’agit donc d’une insomnie objective – elle ne présenta aucune séquelle. Alors Vercingétorix est-il mort parce que Jules César le priva de sommeil en captivité comme l’Histoire le prétend ? C’est probablement faux. Mais que ces anecdotes ne vous incitent pas à faire trop veiller … ou à ne pas consulter un spécialiste si votre sommeil est vraiment de mauvaise qualité.

 

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