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QUESTION D'ACTU

Bégaiement

Le bégaiement n’est plus une fatalité

Le bégaiement touche sont soixante millions de personnes dans le monde, et sept cent mille en France. Elles ne se traitent souvent pas, alors que le contrôle de la parole ou la guérison sont toujours possibles. A l'occasion de la journée mondiale du bégaiement, faisons le point sur ce trouble avec Dr Yann Le Douarin.

Le bégaiement n’est plus une fatalité /AP/SIPA

  • Publié 23.10.2017 à 15h32
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  • Mise à jour le 23.10.2017 à 16h16
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Il y a en France 700 000 bègues. Est-ce qu'on sait d'où ça vient, le bégaiement ?   

YLD : Probablement autant d’épisodes de stress, d’accidents affectifs souvent anodins pour expliquer la genèse de ce trouble du langage. On a évoqué le complexe d’Oedipe, l’angoisse de castration, l’ambivalence entre désir de grandir et attachement, sans en comprendre, de façon certaine, les causes. 

J'ai l'impression que ça touche plus les garçons que les filles. C'est vrai ça ?    

YLD : Oui, trois fois plus de garçons que de filles, de gauchers que de droitiers, d’enfants que d’adultes et il y a des familles de bègues. Mais édicter des règles est le premier piège, car d’aucune utilité pour le traitement. On ne naît pas bègue, on construit son bégaiement à partir des efforts que l’on fait pour l’éviter, en se battant ou en poussant sur les mots qui ne veulent pas sortir. Ces efforts deviennent une habitude, puis un réflexe.

Et c'est quoi le mécanisme du bégaiement ?    

YLD : Les bègues réagissent au stress en resserrant les muscles de leurs cordes vocales. La honte les paralyse et ils font d'énormes efforts pour cacher leur handicap. C’est pour cette raison que la moquerie devient désastreuse, car sous les sarcasmes, le trouble s’accentue. On compare souvent le bégaiement à un iceberg, les troubles de la parole n’en représentant que la partie émergée, la plus grosse est invisible : ce sont les troubles de la communication et du comportement. Résultat : une très mauvaise estime de soi-même et surtout, un cercle vicieux, difficile à briser sans en prendre conscience.

Est-ce que ça se soigne vraiment ?

YLD : D’abord, plus la rééducation est démarrée tôt, plus elle est spectaculaire en efficacité et rapidité. Ensuite, un traitement qui se concentre seulement sur le mécanisme de la parole a peu de chances de réussir. Le moyen le plus simple, mais malheureusement pas le plus connu, est de se traiter soi-même, avec un maître mot : comprendre son bégaiement. C’est la méthode la moins coûteuse et la plus efficace pour guérir : 30 minutes à une heure par jour, à faire des exercices simples. Les améliorations importantes de l’élocution arrivent en quelques semaines et le bégaiement s’élimine en quelques mois.

Il ne faut pas hésiter à s’aider de livres ou des conseils d’un orthophoniste. Mais il faut garder à l'esprit que le bégaiement ne peut pas être éliminé du jour au lendemain et considérer avec beaucoup de méfiance les méthodes prétendant le "guérir" en quelques jours. Le bégaiement est quelque chose que l’on fait, et l’on peut apprendre à changer ce que l’on fait ! Mais cela prend du temps.

Quels sont les bègues célèbres ?

YLD : Il y en a beaucoup, et dans tous les domaines. On peut citer Napoléon 1er, Albert Einstein, Marilyn Monroe ou encore Julia Roberts et le philosophe grec Aristote.
 

On dit que les bègues ne bégaient plus lorsqu’ils chantent ? C’est vrai ou c’est une légende ?

YLD : Non, c’est exact, une personne bègue bégaie généralement beaucoup moins lorsqu'elle est seule, ou se croit seule, car comme il en connaît trop bien les conséquences, le bègue évite de bégayer en ne parlant pas en public. Il ne bégaie plus lorsqu'il chante, lorsqu'il joue un rôle, lorsqu'il imite quelqu'un, lorsqu'il prend un accent, lorsqu'il parle au rythme d'un métronome. C’est d’ailleurs utilisé dans certaines méthodes de traitement. Un exemple récent en est le vainqueur de The Voice l’année dernière, Lisandro Cuxi.

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