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QUESTION D'ACTU

Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire

La pratique du chemsex augmente le risque de transmission du VIH

L’usage de substances psychoactives dans le cadre de rapports sexuels reste rare. Mais elle démultiplie les risques de contracter le VIH ou une hépatite C.

La pratique du chemsex augmente le risque de transmission du VIH AndreyPopov/epictura

  • Publié 19.09.2017 à 18h14
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Un cachet de MDMA, une bouffée de cannabinoïdes de synthèse, un rail de cocaïne… L’usage de substances psychoactives peut avoir des effets étonnants sur les performances sexuelles. Et certains l’ont bien compris. La pratique a même un nom : le chemsex. Le geste reste rare, mais il n’est pas sans risque, comme le rappelle une étude parue dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire.

Réaliser des prouesses au lit grâce à des substances chimiques : voilà en quoi consiste le chemsex. Mais cette pratique a un revers plus sombre ; elle augmente considérablement la probabilité de transmission du VIH ou du virus de l’hépatite C. De fait, quatre usagers sur cinq reconnaissent se relâcher sur le plan de la prévention durant leurs rapports.

Une population vulnérable

Ce chiffre est tiré d’une série d’entretiens avec 306 personnes ayant consulté une structure de dépistage ou de prise en charge du VIH – médicale ou associative. Un tiers d’entre elles avait consommé des produits psychoactifs au cours du mois précédent. Mais seulement 16 % affirment l’avoir fait dans le cadre d’un rapport sexuel – que ce soit régulièrement ou occasionnellement.

Les substances utilisées dans ce cadre sont variées, allant du simple cannabis à la cocaïne, en passant par les médicaments psychotropes. Mais certaines dominent clairement. La probabilité que des stimulants ou des amphétamines soient absorbés est neuf fois plus élevée par rapport aux autres produits.

Si la pratique est peu fréquente, elle concerne une population particulièrement vulnérable. Les probabilités qu’un adepte du chemsex soit homosexuel ou bisexuel sont six fois plus élevées. Or, les hommes qui ont des rapports sexuels avec les hommes sont les principales victimes de l’épidémie de VIH en France.

Des pratiques extrêmes

La moitié des personnes pratiquant le chemsex l’admettent : elles ne portent pas toujours un préservatif au cours des rapports. Un « oubli » d’autant plus dangereux que les pratiques favorisent particulièrement la propagation des infections sexuellement transmissibles (IST), dont le VIH.

Ainsi, une grosse moitié des participants ont connu plusieurs partenaires au cours du mois passé, certains pendant un même rapport sexuel. Partage de sex-toys, sexe en groupe… Les chercheurs estiment que 82 % des volontaires ont des pratiques à risque. Sans compter que les substances consommées ont tendance à se diversifier durant une même séance.

Ces patients-là ne sont pas exposés aux mêmes risques que les autres, concluent les auteurs de ce BEH. La prévention doit donc être adaptée et sur-mesure. Un lieu permettrait de transmettre ces messages ciblés, les consultations « PrEP », qui permettent la prescription d’un antirétroviral en prévention d’une infection.

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AIDES mobilisée

Les associations sont elles aussi sur le terrain, et très actives. Car le chemsex peut parfois tourner mal. En Angleterre, un homme homosexuel meurt tous les 12 jours à cause du GBL, selon David Stuart, activiste britannique. Les professionnels de santé français ont été alertés sur les dangers de cette pratique. En 2016, le Réseau des établissements de santé pour la prévention des addictions (Respadd) a édité un document de 16 pages à ce sujet.

L’association AIDES apporte également sa pierre à l’édifice. Depuis juin, elle propose une ligne téléphonique d’urgence (01 77 93 97 77) et plusieurs groupes sur les réseaux sociaux. La structure a pour objectif d’assurer un soutien immédiat aux situations d’urgence – surdose, mal être ou exposition à risque. Une intervention motivée par plusieurs cas de décès liés au chemsex.

« Nous savions que la demande était là, l’explosion du nombre d’inscriptions au groupe Facebook en est la preuve, expliquait récemment Fred Bladou au site vih.org. Nous avons ajouté plus de 170 personnes de toute la France. »

 

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