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IAS 2017

VIH : une prise en charge sur-mesure pour les populations à risque

Une minorité d’adolescents infectés par le VIH bénéficient d’un traitement. Afin de mieux cibler les populations à risque, des approches sur-mesure sont à développer.

VIH : une prise en charge sur-mesure pour les populations à risque AV/Pourquoidocteur

  • Publié 24.07.2017 à 11h25
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L’année 2016 a marqué une véritable rupture dans la lutte contre le VIH. Les objectifs fixés par l’Onusida sont en passe d’être atteints. L’organisme s’en est félicité lors de son rapport annuel, présenté le 20 juillet. Mais ce document révèle aussi les défaillances majeures dans la stratégie mondiale.

L’un des échecs les plus lourds, dans la lutte contre l’épidémie, concerne les jeunes. Parmi les enfants exposés au VIH, moins d’un sur deux est dépisté à l’âge de deux mois. Plus inquiétant : seuls 43 % de ceux qui vivent avec le virus bénéficient d’un traitement antirétroviral, qui permet de contrôler l’évolution de la maladie.

Une population prioritaire

Ces inégalités doivent se résorber. En ouverture du congrès annuel de l’International AIDS Society, qui se tient au Palais des congrès de Paris du 23 au 26 juillet, les spécialistes du domaine ont frappé du poing sur la table. Enfants et adolescents doivent devenir la priorité dans la lutte contre le VIH.

« Nos connaissances sur l’épidémie de VIH chez les enfants et les adolescents nous montrent la nécessité de recherches plus ciblées et en plus grand nombre, afin de résoudre les nombreux problèmes cliniques et de mise en œuvre des programmes », a expliqué Linda-Gail Bekker, présidente de l’IAS lors de la séance plénière d’ouverture.

Pour y parvenir, des approches personnalisées ont tout intérêt à se développer, y compris sur le plan de la prise en charge. Les pistes vers une telle progression ont été détaillées par Wafaa El-Sadr, épidémiologiste à l’école de santé publique Mailman, affiliée à l’université de Columbia (Etats-Unis).

L’Egyptienne a plaidé pour l’adoption plus large d’approches s’adaptant aux spécificités des populations les plus affectées par l’épidémie. « « Nous devons nous concentrer sur les populations clés, les identifier, leur offrir un traitement rapide et atteindre une suppression de la charge virale », a-t-elle déclaré au micro.

Des services sur-mesure

L’approche de santé publique est, bien sûr, essentielle. « Nous ne pouvons pas abandonner ses principes, a souligné Wafaa El-Sadr. Mais elle doit évoluer vers une santé publique de précision. »

Ces services ciblés s’orientent autour de trois objectifs majeurs : une couverture thérapeutique élevée – ce qui exige un dépistage large –, des programmes de qualité – qui favorisent une adhésion durable aux antirétroviraux – et des programmes efficaces. Cette stratégie porte un nom : une prestation de services différenciée (differentiated service delivery). Un terme compliqué qui cache une réalité simple. « Il s’agit d’une approche centrée sur les usagers du système de santé, qui reflète leurs attentes et leurs préférences », a résumé Wafaa El-Sadr.

Cela signifie prendre en compte les obstacles structurels et psychosociaux. Dans certains pays, par exemple, la peur de révéler sa séropositivité freine l’accès aux soins. Dans d’autres, le nombre de rendez-vous médicaux constituera une entrave.

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Le problème persistant du dépistage

Et la stratégie s’avère payante. En Afrique du Sud et au Mozambique, des « clubs d’adhésion » se sont organisés autour de populations spécifiques, comme les adolescents ou les femmes en post-partum. La fréquence des rendez-vous est réduite, la durée des prescriptions allongées… Tout ce soutien communautaire est bénéfique pour les usagers, moins isolés, et pour les soignants.

Grâce à ces groupes communautaires, la couverture thérapeutique est améliorée. Et ce, de manière durable. Bien que cela n’ait qu’un effet mineur sur le contrôle de la charge virale, le nombre d’admissions est fortement réduit. Restent deux questions à résoudre : l’approche optimale à adopter, ainsi que le rapport coût-efficacité du sur-mesure.

Quoi qu’il en soit, la solution n’est que partielle. Tant que le dépistage ne sera pas plus fréquent, de nombreux patients continueront de passer entre les mailles du filet. Or, chaque année, 1,8 million de nouvelles infections sont dénombrées.

Et en matière de dépistage, les populations qui constituent le cœur de l’épidémie ont fort à faire. Rien qu’en Russie, seuls 13 % des hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes connaissent leur séropositivité.

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