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QUESTION D'ACTU

Décompensation psychique

Lariam : Stromae attribue son calvaire à l’antipaludéen

Dans un entretien accordé à Marianne, le chanteur-compositeur belge explique souffrir de crises d’angoisses, deux ans après avoir pris le traitement.

Lariam : Stromae attribue son calvaire à l’antipaludéen Rich Fury/AP/SIPA

  • Publié 04.09.2017 à 18h49
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Nous sommes en 2015. Stromae est partout. Racine carrée, son second album, est une réussite totale. Tous les mêmes, Formidable et Papaoutai font le tour du monde, de l’Asie aux charts américains, en passant par l’Afrique. Et puis d’un coup, le silence. Stromae ne danse plus.

Les rumeurs parlent de burn-out, de problèmes psychiatriques, de crise de succès. Mais il semble que la raison de ce retrait puisse être, au moins en partie, attribuable aux effets secondaires d’un médicament antipaludéen, le Lariam.

"J’aurais pu faire une connerie"

Préparant une tournée en Afrique, le chanteur s’est vu prescrire ce traitement préventif à base de méfloquine. Mais sur place, à Kinshasa (République Démocratique du Congo), il se sent mal. Il est rapatrié d’urgence et annule deux mois de tournée.

« Il subit les effets secondaires sérieux d’un traitement prophylactique (préventif) antipaludique, qui a nécessité une mise au point hospitalière immédiate, et impose un suivi médical dans les prochaines semaines », avait alors déclaré ses producteurs dans un communiqué.

« J’ai cru que j’avais basculé dans la folie, explique Stromae dans un entretien accordé à l’hebdomadaire Marianne. Après 150 dates, j’étais à plat. Je n’ai pas supporté mon traitement antipaludisme, ça m’a filé des hallucinations. On m’a diagnostiqué une décompensation psychique. J’aurais pu faire une connerie, je n’étais plus moi-même. »

Effets secondaires sérieux, et longs

Ces effets sont connus. En 2013, le laboratoire Roche et l’ANSM avaient adressé une lettre d’information aux professionnels de santé pour alerter sur les effets indésirables connus du Lariam. Ils y rappelaient la contre-indication pour les patients souffrant ou ayant souffert de troubles psychiatriques.

Ils insistaient particulièrement sur les troubles neuropsychiatriques que peut provoquer le traitement prophylactique. « Cauchemars, anxiété aigüe, dépression, agitation, confusion mentale », mais aussi « des cas de suicide, d’idées suicidaires et de comportement de mise en danger de soi-même » ont été observés.

Ces effets peuvent durer. « En raison de la longue demi-vie d’élimination de la méfloquine, de trois semaines en moyenne, des effets indésirables peuvent survenir et persister jusqu’à plusieurs mois après l’arrêt du traitement, précise le communiqué. Des cas d’amnésie pouvant parfois durer plus de trois mois ont été rapportés. »

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Crises d’angoisse

Mais pour Stromae, ils auraient duré plus longtemps. Deux ans plus tard, il affirme qu’il souffre encore des effets indésirables du Lariam.

« Aujourd’hui, je suis encore sensible aux crises d’angoisse, ajoute-t-il. Il m’est déjà arrivé de devoir retourner d’urgence à l’hôpital. J’ai eu peu de regrets dans ma vie, mais si je pouvais revenir en arrière et éviter de prendre du Lariam, je le ferais sans hésiter. »

Un cas sur 10 000

En 2015, 500 000 personnes sont décédées du paludisme dans le monde, et plus de 200 millions l’ont contracté dans 91 pays, d’après les chiffres de l’OMS. Plus de neuf décès sur dix sont enregistrés en Afrique.

Si des vaccins font actuellement leur apparition, ils sont encore en cours d’évaluation. Pour éviter de contracter la maladie, il est recommandé aux voyageurs à destination de pays où le paludisme circule de prendre un traitement prophylactique, et le Lariam est souvent choisi pour son efficacité et sa prise habdomadaire, en comparaison d’autres molécules (chloriquine ou atovaquone-proguanil, doxycycline), qui doivent être pris tous les jours, et jusqu’à un mois après le retour de voyage.

Le Lariam est prescrit à des millions de touristes tous les ans, et une personne sur 10 000 serait atteinte par des « réactions graves », d’après son fabricant. Des victimes de ces effets secondaires seraient, d’après Marianne, en passe de lancer une class action contre Roche.

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