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Mots parasites, pauses…

Alzheimer : le langage peut trahir des signes précoces

Les pauses et l’utilisation de mots superflus peuvent indiquer l’apparition de troubles cognitifs légers, notamment annonciateurs de maladies d’Alzheimer.  

Alzheimer : le langage peut trahir des signes précoces rinderart

  • Publié 20.07.2017 à 07h48
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Pas de panique : toutes les personnes abusant des « euh » ou des « hmm » dans leur expression verbale ne vont pas développer de maladie d’Alzheimer. Mais une étude de l’université du Wisconsin à Madison (États-Unis), présentée ce lundi à la Conférence internationale sur la maladie d’Alzheimer de Londres, montre que l’utilisation croissante de ces mots de comblement peuvent prédire un risque de développer la maladie. Il en va de même avec le ralentissement du débit, les pauses et la baisse de registre de langage 

« Ce que nous avons découvert, c’est que certains aspects du langage sont affectés plus tôt que ce que nous imaginions », avant même que les problèmes de mémoire n’interviennent, explique le Pr Sterling Johnson, gériatre, spécialiste de la démence et auteur principal de l’étude. De manière générale, un discours qui perd en fluidité avec le temps peut être un facteur prédictif.

Le modèle Ronald Reagan

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont comparé deux enregistrements réalisés à deux ans d’intervalle. Parmi les 400 participants, 264 avaient des antécédents familiaux importants de maladie d’Alzheimer ou de démence. Lors des deux tests, ils devaient décrire une photo.

Parmi eux, 64 avaient déjà été identifiés comme montrant des premiers signes de perte cognitive légère. Et chez eux, l’hypothèse se vérifie : le discours était plus haché, les idées moins développées, et les objets et les noms étaient souvent remplacés par « il » ou « ça ».

Cette idée qu’il était possible de détecter très précocement ces troubles par le langage n’est pas toute nouvelle, elle n’avait seulement pas été vérifiée rigoureusement. En 2015, l’étude d’un cas particulier l’avait en effet déjà suggéré. Il s’agissait de celui de Ronald Reagan, l’ancien Président des États-Unis, qui a développé la maladie d’Alzheimer. En analysant l’évolution de ses discours en conférences de presse, les chercheurs s’étaient aperçus que ces modifications du langage étaient apparues progressivement, plus de 10 ans avant que le diagnostic ne soit établi.

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Aider la prévention

Avec 47 millions de personnes souffrant de démence dans le monde, principalement causée par Alzheimer, et pas de traitement, le diagnostic précoce reste la seule arme pour tenter de ralentir l’apparition de la maladie, et traiter plus efficacement les symptômes. Et plus la prise en charge est précoce, meilleurs sont les résultats.

L’analyse des détails du langage n’est pas forcément facile auprès de son médecin traitant, surtout lorsqu’il s’agit de déceler des différences à plusieurs années d’intervalle. Les chercheurs de l’université du Wisconsin à Madison pensent que des logiciels informatiques mis à disposition des médecins pourraient suffire à les aider à déceler ces altérations. Ils pourraient alors facilement prédire un risque de développer une démence bien plus tôt, et améliorer les chances de leurs patients.

La perte d’audition aussi

Le langage est annonciateur d’un risque de développer la maladie d’Alzheimer, mais n’est pas le seul indicateur. L’ouïe pourrait, elle aussi, être associée à un risque. Les chercheurs de l’université du Wisconsin ont également évalué l’association entre le déclin cognitif et l’audition.

Sur 783 personnes, ils ont croisé les données d’audition et de cognition. Celles souffrant d’une ouïe défaillante (9,2 %) étaient moins performantes sur les tests cognitifs (rapidité du traitement de l’information, flexibilité intellectuelle, coordination du cerveau, des yeux et des mains). Ils étaient surtout trois fois plus susceptibles d’avoir des troubles cognitifs légers.

« Cette étude suggère que la perte d’audition pourrait être un indicateur précoce de perte de performances cognitives, résume Taylor Fields, l’auteur principal. L’identification et le traitement de cette perte serait un bon levier d’action pour réduire le fardeau de la maladie d’Alzheimer. »

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