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Les cardiologues en colère contre la baisse du nombre d’internes

L’arrêté fixant l’affectation des internes en cardiologie a vivement déplu au SNSMCV, qui dénonce la baisse des effectifs : ils ne seront plus que 170, contre 208 auparavant.

Les cardiologues en colère contre la baisse du nombre d’internes tkemot/Epictura

  • Publié 18.07.2017 à 17h53
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On a plutôt tendance à entendre les syndicats de médecins ophtalmologistes, urgentistes ou généralistes sur la dégradation de leurs conditions d’exercices. Mais cette fois, ce sont les cardiologues, plutôt discrets d’ordinaire, qui donnent de la voix.

Ce mardi, le Syndicat national des spécialistes des maladies du cœur et des vaisseaux (SNSMCV) « exprime son plus vif mécontentement et sa grande inquiétude devant la baisse drastique » des effectifs affectés à leur spécialité à l’issue des épreuves classantes nationales en médecine (ECNi). Le nombre de postes d’interne en cardiologie offerts pour l’année 2017-2018 est en effet réduit à 170, contre 208 antérieurement, précise le SNSMCV dans un communiqué.

Le syndicat a oublié de compter les 6 postes supplémentaires ouverts aux étudiants ayant signé un contrat de service public (CESP), ce qui porte le nombre à 176, mais la baisse reste sévère : -15 %.

Création d’un désert médical

Elle est sévère, et elle tombe mal. « Cette baisse est particulièrement préoccupante quand, au même moment, un nombre important de cardiologues va partir à la retraite, s’inquiète le SNSMCV. Dans les cinq ans qui viennent, la spécialité va en effet perdre 35 % de ses effectifs ».

Une situation difficilement tenable pour les cardiologues, qui estiment qu’une bonne partie de la population sera bientôt privée de soins de qualité et de proximité. « La cardiologie est une spécialité exigeante qui couvre un large domaine, de la prévention à la thérapeutique, des soins aigus aux soins chroniques, de la clinique aux plateaux techniques hyperspécialisés », rappellent-ils.

Elle est aussi une médecine d’urgence, qui traite des pathologies graves et fréquentes, qui représentent la deuxième cause de mortalité en France. Favoriser l’apparition d’un désert médical dans cette spécialité serait faire un grand pas en arrière.

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Les ophtalmos sur le coup

« Cette décision est manifestement contraire aux engagements pris pendant sa campagne électorale par Monsieur le Président de la République de lutter contre les déserts médicaux », ajoute le SNSMCV. Un sentiment partagé par d’autres spécialistes.

Il y a de cela à peine quelques jours, le Syndicat national des ophtalmologistes de France (SNOF) exprimait son « incompréhension totale face à la répartition des postes à l’ECN attribuant seulement 141 postes d’internes à l’ophtalmologie » dans un communiqué. C’est 10 de moins que l’année précédente, et 18 de moins en deux ans.

« Si elle est confirmée, cette baisse aura un impact très négatif sur l’accès aux soins des Français », estime le syndicat. Les ophtalmologistes espéraient une hausse du nombre de postes d’internes dans leur spécialité de l’ordre de 60 places. C’est donc l’inverse qui se produit.

Appel au gouvernement

« En Marche a soutenu notre proposition d’augmenter substantiellement les effectifs en ophtalmologie pour diminuer les délais d’attente et faire de l’accès aux soins des Français une priorité, rappelle le Dr Thierry Bour, président du SNOF. De plus, la ministre des Solidarités et de la Santé, Madame Agnès Buzyn, s’est engagée à lutter contre les déserts médicaux. Comment expliquer cette baisse, alors que le délai d’attente pour obtenir un rendez-vous est en moyenne de 100 jours, le plus long de toutes les spécialités ? »

Les deux syndicats de cardiologie et d’ophtalmologie demandent à être reçus au ministère de la Santé en urgence pour tenter de trouver une issue positive. Mme Buzyn aura donc un dossier sensible de plus à traiter, après la vaccination et le tiers payant généralisé.

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