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QUESTION D'ACTU

Arrêt de travail prématurés

Grossesse : les entreprises appelées à mieux adapter les conditions de travail

Les femmes enceintes ressentent leur travail comme plus pénible. Face à l’oreille peu attentive de leurs supérieurs, elles préfèrent s’arrêter prématurément.

Grossesse : les entreprises appelées à mieux adapter les conditions de travail pxhidalgo/epictura

  • Publié 18.07.2017 à 16h58
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A défaut de pouvoir adapter leurs conditions de travail, les femmes enceintes se mettent en arrêt maladie. Une majorité déplore en effet le manque de souplesse des entreprises ;  un phénomène confirmé par le rapport de l’Agence nationale pour l’adaptation des conditions de travail (Anact).

Saisie par le ministère du Travail, après les fausses-couches de deux employées de supermarché, l’Agence livre un bilan critique à l’égard des entreprises françaises. Elle leur recommande vivement d’améliorer leurs compétences, afin de mieux concilier gestation et vie professionnelle.

Demander de l’aide

Il faut dire que la situation laisse à désirer en matière de protection des femmes enceintes. Les entretiens successifs avec des employés, des managers et des médecins du travail le montrent bien. D’abord, les femmes et les gérants du personnel ne connaissent pas bien les droits ouverts dès la grossesse.

Par exemple, une femme enceinte a le droit de solliciter une visite de la médecine du travail. Une demande utile, puisque le professionnel de santé émet des recommandations d’aménagement du poste. Mais ces consultations surviennent souvent trop tard, aux yeux de ces derniers. Ils n’ont donc pas la possibilité de réaliser ces adaptations.

Du côté des femmes, la situation est moins complexe. Elles avouent avoir du mal à concilier leur état avec leur vie professionnelle. Et elles ne se sentent pas aidées. Parmi les employées interrogées par l’Anact, la majorité estime que la station debout prolongée, le port de charges ou encore les déplacements en magasin sont plus pénibles qu’en temps normal. Mais elles doivent demander de l’aide avant que celle-ci ne leur soit proposée.

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Des modifications profondes

Par défaut, un arrêt maladie est donc sollicité. Dans l’immense majorité des cas, ça n’est pas à cause d’une pathologie, mais bien à cause de la pénibilité du travail. Au final, seules 10 % des femmes enceintes exercent leur profession jusqu’à la date officiel du congé maternité.

Ce choix d’interruption prématurée est sans doute justifié. L’organisme se modifie en profondeur lors d’une grossesse et certaines tâches peuvent alors devenir plus pénibles, voire dangereuses.

La situation des deux caissières à l’origine de ce rapport le montre bien : enceintes, elles n’ont bénéficié d’aucun aménagement de poste. Elles ont donc continué à porter de lourdes charges. Jusqu'à la fausse-couche.

Changer de culture

Ce genre d’affaire est d’autant plus intolérable que des mesures existent déjà, dans l’objectif de limiter les risques pour les femmes enceintes. Des guides sont mis à disposition des gérants et des employées, par exemple. L’Anact plaide donc en faveur d’une évolution vers des mesures plus strictes.

Parmi les adaptations proposées figure le retrait de tâches, la régulation horaire ou encore le travail en binôme. Mais pour y parvenir, les entreprises devront améliorer leurs compétences, notamment sur l’intégration des hommes et la conduite à tenir en cas d’alerte – comme une nausée ou un malaise.

Voilà qui permettrait d’arrêter de considérer la grossesse comme une anomalie du parcours de travail. Les professionnels de santé doivent, pour leur part, mieux identifier les risques associés à la grossesse et valoriser les bonnes pratiques.

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