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QUESTION D'ACTU

Entrainement sportif

La force musculaire dépend aussi de nos neurones

La force musculaire n’est pas proportionnelle à la masse musculaire. Pour l’augmenter, il faut aussi habituer les neurones moteurs à des charges lourdes.

La force musculaire dépend aussi de nos neurones Billy Wilson/Flickr

  • Publié 10.07.2017 à 18h34
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La taille ne fait pas tout. En levant des poids plus légers, mais un nombre de fois supérieur, il est possible d’obtenir une masse musculaire équivalente à celle créée en levant des poids plus lourds. Des résultats de recherche obtenus ces dernières années montrent qu’à masse musculaire équivalente, la force peut varier. C’est la différence entre la gonflette et la musculation.

Une question se pose alors : comment expliquer ces différences ? Un article d’une équipe de l’université du Nebraska (États-Unis), paru dans Frontiers in Psychology, apporte un élément de réponse. Un entraînement à des forces plus proches des limites physiologiques conditionne plus favorablement le système nerveux, qui transmet ainsi le signal électrique de manière plus efficace vers les muscles.

Le neurone du sportif 

Lorsque nous commandons la contraction d’un muscle, un signal électrique provenant du cortex cérébral est envoyé le long de la moelle épinière, puis vers différents neurones moteurs de la destination souhaitée, c’est-à-dire le muscle à contracter.

Lorsque l’entraînement s’est effectué à force importante, le système nerveux active un plus grand nombre de ces neurones moteurs, ce qui augmente l’excitation musculaire, et se traduit donc par une force supérieure.

Musculation VS gonflette 

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs américains ont recruté 26 hommes pour six semaines d’entraînement, au rythme de trois séances par semaine sur une machine de musculation des quadriceps. Les participants ont été séparés en deux groupes, qui réalisaient l’exercice jusqu’à l’épuisement. Dans le premier, que l’on appellera groupe gonflette, les sportifs utilisaient la machine à 30 % du poids maximal qu’ils étaient capables de soulever. Dans le second, le groupe musculation, il était fixé à 80 %.

Les précédents résultats ont vite été confirmés : après la phase d’entraînement, ceux du second groupe pouvaient lever en moyenne presque 5 kg de plus, alors que la prise de masse musculaire était identique.

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Les dernières forces en courant

Mais pour aller plus loin, les chercheurs de l’université du Nebraska ont un peu plus torturé leurs cobayes. Lors d’un effort maximal, il est quasiment impossible d’utiliser à 100 % les capacités physiologiques des muscles. Pour atteindre ce chiffre, il est possible de rajouter une stimulation électrique pendant l’effort. En faisant le rapport entre les deux forces musculaires avec et sans stimulation, les chercheurs établissent la mesure d’activation volontaire.

C’est ce qu’ont subi les participants. Après 3 semaines d’entraînement, l’activation volontaire des sportifs du groupe gonflette n’avait que peu évolué, passant de 90,07 à 90,22 %. En revanche, dans le groupe musculation, l’évolution était 16 fois plus importante : de 90,94 à 93,29 %.

"Tout bénéf"

« Lors d’une contraction maximale, il est plus avantageux d’activer plus d’unités motrices, ou de les activer de manière plus efficace, explique Nathaniel Jenkins, physiologiste à l’université du Nebraska, et auteur principal de l’étude. Cela devrait favoriser la production de force. C’est cohérent avec nos observations. » 

L’expérience a été répétée après 6 semaines, mais avec un protocole différent. Les chercheurs ont alors observé que, quelle que soit la force développée, maximale ou non, l’activation volontaire était plus faible dans le groupe musculation, ce qui traduit, en plus d’une force supérieure, une meilleure efficacité du muscle, même à bas régime.

Mais pas pour tous

Pour développer la force, la conclusion est donc sans appel : adieu la gonflette. En allant au bout de l’effort en gonflette ou en musculation, la fatigue est la même. La gonflette est juste moins efficace, et les efforts de musculation intense sont finalement plus reposants, à long terme.

En revanche, la méthode poids lourds n’est pas adaptée à tous, rappelle Nathaniel Jenkins. Les poids légers et la répétition des gestes est une méthode parfaitement viable pour ceux qui ne s’intéressent qu’à la masse musculaire ou ceux qui souhaitent ménager leur corps. Elle est en particulier adaptée pour les personnes plus âgées souffrant de problèmes articulaires et les patients en rééducation. 

Elle suffit aussi largement aux personnes qui souhaitent faire un peu d’activité physique. Elle permet de se muscler tranquillement, en limitant les risques de traumatisme. Mais ne rêvez pas. En soulevant un poids d’un kilo un million de fois, vous n’arriverez toujours pas à changer une roue de voiture sans cric.

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