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QUESTION D'ACTU

« Les bébés d'Isabelle »

Accouchement à domicile : un collectif pour défendre Isabelle

Un groupe de patientes et de sages-femmes soutient Isabelle Koenig, l'une de leurs consœurs, poursuivie par l'Ordre pour avoir pratiqué des accouchements à domicile.

Accouchement à domicile : un collectif pour défendre Isabelle Milazed/epictura

  • Publié 01.07.2017 à 11h42
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Isabelle Koenig était convoquée ce vendredi devant l'Ordre des sages-femmes. L'organisation lui reproche notamment une mise en danger de ses patientes, car elle aurait « tardé à transférer des patientes à la maternité » à la suite de complications, et de les avoir « mises en danger ». Elle risque la radiation.

Une position que contestent des femmes réunies dans un collectif créé à cette occasion, pour la défendre. « Les bébés d'Isabelle », qui regroupe des mères et des sages-femmes, s'est rassemblé hier à Paris devant le siège de l'Ordre, pour la soutenir.

« Des accusations fort peu justifiées »

« Isabelle Koenig pratique les accouchements à domicile avec passion et bienveillance, estime le collectif dans un message publié sur sa page Facebook. Aussi, nous nous indignons de la mise à mal de cette vocation et de ce fait de l'entrave à notre liberté de choisir notre accouchement. Madame Koenig sera jugée par ses pairs pour des accusations que nous trouvons fort peu justifiées, aucune plainte n'émane des parents… »

Trois accouchements à domicile (AAD) effectués par la sage-femme en Indre-et-Loire posent notamment problème. Elle aurait par exemple tardé à appeler le 15 pour emmener dans une maternité équipée l'une de ses patientes, Mélina, après que celle-ci a développé une hémorragie post-partum.

« Isabelle les a contactés à deux reprises et ils ont envoyé une ambulance privée avec des guignols qui n'y connaissaient rien du tout », conteste la jeune mère, contactée par Franceinfo. Elle s'étonne de ces poursuites contre sa soignante qui, selon elle, aurait réalisé le suivi et l'accouchement dans les règles, en respectant sa volonté de ne pas aller à l'hôpital. « On ne m'a rien demandé, il n'y a aucune plainte de notre part, c'est ubuesque », s'indigne-t-elle.

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Défaut d'assurance

Mais ce n'est pas le seul grief retenu contre elle. Il lui est également reproché de ne pas être titulaire d'une assurance lui permettant de pratiquer les AAD. Grotesque, rétorque le collectif, qui reproche l'hypocrisie française en la matière : les AAD sont autorisés, mais le montant de l'assurance permettant de les pratiquer s'élève à plus de 20 000 euros par an, ce qui correspond à environ un an de salaire pour une sage-femme exerçant en libéral.

« Il y a des résistances énormes en France par rapport à l'accouchement à domicile et il y a une ignorance de ce qui se fait à l'étranger », estime Nathalie Donnez, une sage-femme exerçant en Suisse et en France, et qui a rejoint « Les bébés d'Isabelle ». Elle espère que cette mise en lumière du problème forcera l'Ordre à se positionner plus clairement sur l'accouchement à domicile.

En France, moins d'une naissance sur 100 se déroule en dehors d'une maternité. Chaque année, les AAD concerneraient entre 2 000 et 3 000 mises au monde, sur plus de 800 000.

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