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Nouveaux Produits de Synthèse

NBOMe : les spécialistes sont désarmés

ENTRETIEN - Les données toxicologiques manquent concernant les nouvelles drogues de synthèse et les spécialistes peinent à les détecter.

NBOMe : les spécialistes sont désarmés Michael McGurk/Shutters/SIPA

  • Publié 14.06.2017 à 18h43
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A Paris, le décès d’une jeune fille potentiellement imputable à la consommation de NBOMe fait réémerger les inquiétudes sur les Nouveaux Produits de Synthèse (NPS), ces drogues accessibles depuis quelques années à bas coûts sur des sites de vente en ligne. Bien que les analyses sur les causes du décès soient toujours en cours, cet événement rappelle les lourdes problématiques que posent les NPS.

Elles sont nombreuses, qu’il s’agisse des effets de ces nouvelles drogues, de leur profil toxicologique ou de leur détection. Maude Marillier, du Centre d’Evaluation et d’Information sur la Pharmacodépendance (CEIP) de Paris, revient sur les zones d’ombre qui entourent les NPS.


Aviez-vous déjà eu des notifications concernant les NBOMe ?

Dr Maude Marillier - Oui, les NBOMe font partie de ces nouvelles drogues qui ont émergé dans les années 2000 et que nous surveillons. Des cas graves sont remontés au niveau national, avec des effets indésirables lourds liés à la consommation du produit – troubles cardiovasculaires (tachycardie, arythmie cardiaque…), hypertension, AVC, troubles neuropsychiatriques (confusion, hallucinations, convulsions…).

Le problème, c’est qu’on ne dispose d’aucune étude de toxicité sur les NBOMe, comme sur le reste des NPS. On ignore tout de la relation dose-effet, de leur toxicité réelle. La littérature évoque de nombreux cas de décès à l’international. En France, un seul décès a été confirmé en 2013, indirectement lié à la consommation de NBOMe.


Les NPS ont-ils plus d’effets secondaires que les drogues « traditionnelles » ?

Dr Maude Marillier - On ne peut pas le dire, du fait de l’absence de données sur les effets et la toxicologie de ces produits. On apprend ces effets par notifications, par le retour des usagers. Mais il faut renforcer cette connaissance, de même que l’information à destination des professionnels de santé, des analystes – ce que nous tentons de faire. Les usagers doivent aussi être mis au courant des risques liés aux NPS : c’est par la prévention et l’information que l’on pourra agir plus efficacement.


Avez-vous déployé une surveillance renforcée des NPS ?

Dr Maude Marillier - Nous surveillons toutes les drogues, dont les NPS et en particulier les cathinones, les cannabinoïdes de synthèse, les opioïdes de synthèse… Mais en réalité, il y a très probablement une sous-notification des problématiques liées aux consommations de NPS. Ils sont rarement dépistés dans les échantillons biologiques (sang, urine), les cliniciens les connaissent encore très mal.

Il y a un écueil au niveau analytique. Il existe tellement de sortes de NPS… Lors des screening (dépistages, ndlr) toxicologiques, il est difficile de tout rechercher. Par ailleurs, ils sont actifs à très faible dose, ce qui complexifie encore le travail de mise en évidence de la substance.

 

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