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QUESTION D'ACTU

26 ans plus tard

Autriche : un hôpital condamné pour avoir échangé deux bébés

L’une des familles concernées sera indemnisée. L’autre victime de l’échange n’a pas pu être identifiée. L'hôpital conteste le verdict.

Autriche : un hôpital condamné pour avoir échangé deux bébés plepraisaeng/Epictura

  • Publié 12.06.2017 à 13h11
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En 2014, grâce à un test ADN, une jeune Autrichienne avait découvert que la mère qui l’avait élevée n’était pas sa mère biologique. Un an plus tard, la famille portait plainte au civil contre l’hôpital dans lequel la mère avait accouché, le jugeant responsable d’un échange de bébés à la maternité. La justice autrichienne leur a donné raison et a condamné la clinique universitaire de Graz (Autriche) à payer 30 000 euros de dommages et intérêts à la plaignante, âgée aujourd’hui de 26 ans, et à chacun de ses deux parents.E

En revanche, ces derniers ne savent toujours pas ce qu’il est advenu de leur fille biologique. Malgré un appel lancé par la clinique auprès des femmes ayant accouché entre le 15 octobre et le 20 novembre 1990, la deuxième famille n’a pas pu être identifiée. Les tests pratiqués sur les personnes qui y ont répondu sont tous revenus négatifs.

La justice a considéré que l’échange ne pouvait avoir eu lieu que dans les instants suivant l’accouchement. Un verdict que l’hôpital conteste, rapporte l’AFP.

« La fille du facteur »

En France, aussi, la justice a été saisie pour ce genre d'affaire. Début 2015, le tribunal de Grasse (Alpes-Maritimes) avait condamné une maternité de Cannes. Sophie Serrano avait accouché à 18 ans d’une petite fille, Manon. Atteint d’une jaunisse, le nouveau-né était souvent retiré à sa mère pour être placé sous une lampe à UV.

En sortant de la maternité, la mère, prise de doutes, s’était étonnée de voir que les cheveux de sa fille avaient poussé. Le personnel soignant l’avait rassurée en lui signifiant que c’était l’un des effets classiques du traitement.

Un an plus tard, il était devenu clair que sa fille n’était en réalité pas la sienne : cheveux crépus, teint mat… Malgré les origines espagnoles de la mère, son compagnon s’étonnait du manque de ressemblance de Manon avec ses parents, soupçonnant un adultère. Le bébé était même nommé « la fille du facteur » dans le village des Serrano.

2 millions d’euros

C’était en réalité la fille d’un couple réunionnais, échangée lors du traitement UV. Manquant de couveuses, la clinique avait placé les deux enfants dans la même, et une auxiliaire de puériculture, présentée comme fragile et alcoolique, les aurait échangés à la restitution.

Vingt ans plus tard, la clinique a été condamnée à verser près de deux millions d’euros de dommages et intérêts, 400 000 euros par enfant, et 300 000 par parent, et 60 000 pour les frères et sœurs.

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L’identité tient à un bout de plastique

Les bracelets de naissance, alors placés à la cheville, n’avaient pas permis de réparer l’erreur. « Nous nous sommes aperçus en regardant les photos que, dès les premiers jours, un des deux bébés n'avait plus le sien », avait déclaré Sophie Serrano au Point, au moment du verdict.

L’absence de bracelet pose le problème de l’identitovigilance. Il doit être porté par « toute personne incapable de décliner son identité », d’après un guide réalisé par des experts médicaux français. Les nouveau-nés, mais aussi les personnes dans le coma ou souffrant de démence sont concernés.

Bracelets ou biométrie 

Le bracelet permet d’éviter les échanges, comme c’est le cas ici, mais aussi les erreurs d’administration de médicaments, ou pour une intervention chirurgicale. Entre 1 opération sur 15 000 et 1 sur 30 000 est effectuée du mauvais côté, et environ 1 sur 100 000 sur une mauvaise personne. Les chiffres sont faibles, mais ont souvent des conséquences dramatiques. Qu'elles soient médicales, ou psychologiques.

Certains services hospitaliers utilisent d’autres méthodes plus fiables que le bracelet pour identifier les patients, et limiter ces erreurs. La biométrie, par les empreintes digitales ou le réseau veineux superficiel, ne sont pas des méthodes très coûteuses : elles ne nécessitent qu'environ 20 000 euros d'investissement pour être mises en place, et évitent les risques liés à la perte d'un petit bracelet en plastique.

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