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QUESTION D'ACTU

Baromètre Santé 2016

E-cigarette : en perte de vitesse chez les jeunes

La popularité de la cigarette électronique s'essouffle. Le dispositif est moins utilisé chez les jeunes et chez les fumeurs qui n'arrivent pas à se sevrer.

E-cigarette : en perte de vitesse chez les jeunes Vaping360/Flickr

  • Publié 30.05.2017 à 07h39
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La cigarette électronique connaît une perte de vitesse. C’est ce que suggèrent les résultats du Baromètre Santé 2016, mené auprès de 15 000 Français. Publiés dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH), ils témoignent de la baisse de popularité de ce dispositif. En particulier auprès des jeunes.

Dans l’ensemble, un Français sur quatre a déjà testé l’e-cigarette en 2016. Les hommes sont légèrement plus nombreux que les femmes à en faire l’expérience. Sur ce plan, les chiffres sont plutôt stables par rapport à la dernière enquête, menée en 2016. C’est justement cette stabilité qui pousse les auteurs de l’article à évoquer un « essoufflement » du produit.

 

Les jeunes peu tentés

Cette mollesse s’observe encore plus chez ceux qui se disent utilisateurs réguliers. En 2014, ils étaient 6 % à déclarer un tel usage. Deux ans plus tard, ils ne sont que 3 %. Encore moins nombreux sont ceux qui vapotent sur une base quotidienne (2,5 %).

La mode de la cigarette électronique serait-elle passée ? La réponse est oui, à en croire l’analyse des auteurs de l’article. De fait, la baisse de consommation est particulièrement prononcée chez les jeunes de 15 à 24 ans, chez qui l’habitude ne prend pas.

Le nombre de vapoteurs est passé de 2,1 % à 1,2 %, « ce qui peut être interprété comme un phénomène de mode qui a tendance à s’estomper », relève Santé Publique France. Parmi les autres classes d’âge, le recul de la vape est moins marqué.



Une politique restrictive

Cet essoufflement est peut-être la conséquence d’une politique prudente des autorités françaises. Elles refusent toujours d’accoler aux cigarettes électroniques l’image de produit d’aide à l’arrêt du tabac, dans la mesure où les preuves en ce sens manquent.

En 2016, le ministère de la Santé a aussi choisi de renforcer les mesures de limitation. La publicité est interdite, tout comme la vente aux mineurs. A compter du 1er octobre, le vapotage sera, en outre, prohibé dans les établissements scolaires, les lieux de travail ainsi que les transports. Autant de choix qui ne devraient pas améliorer la popularité du dispositif auprès du public jeune.

Sans surprise, l’e-cigarette reste l’apanage des fumeurs qui souhaitent se sevrer. Les réponses du Baromètre Santé 2016 le montrent bien. 54 % des consommateurs de tabac ont testé un dispositif contre 8,5 % des non-fumeurs.

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Accompagner l’arrêt du tabac

Mais le vapotage doit être efficace, ou il sera abandonné. Pour preuve, la part d’anciens fumeurs parmi les adeptes de la vape a progressé en deux ans. Elle est passée de 23 % à 41 %. A l’inverse, et de manière proportionnelle, les Français qui alternent entre cigarettes classiques et électroniques se font plus rares. Ils ne sont plus que 59 % en 2016, contre 76 % en 2014.

« Si l’e-cigarette apparaît comme une aide à l’arrêt du tabac pour une partie des fumeurs, elle semble donc progressivement abandonnée par ceux qui n’arrivent pas à arrêter de fumer et qui reviennent à une consommation exclusive de cigarettes », analysent les experts de Santé publique France.


Une constante demeure : ceux qui n’ont jamais fumé se tournent très rarement vers la cigarette électronique. Preuve que le dispositif s’adresse bien à une population déjà accoutumée aux produits du tabac.

 

Le tabagisme connaît une baisse en France

La France reste un des plus gros fumeurs de l’Europe, devant le Royaume-Uni, l’Espagne et la Belgique. En 2016, un Français sur trois consomme du tabac sur une base quotidienne. Une baisse s’amorce toutefois au sein des jeunes adultes. Chez les jeunes hommes, la part de fumeurs est passée de 48 à 41 %. Le recul est légèrement moins marqué chez les femmes de 15 à 24 ans.

Une tendance inquiète toutefois les experts de Santé publique France. Au sein des tranches de revenus les plus basses, le tabagisme progresse, alors qu’il recule chez les plus aisés. Les inégalités sociales tendent donc à progresser.


Ce phénomène peut s’expliquer par le recours à la cigarette pour gérer son stress, la méfiance vis-à-vis des autorités de santé mais aussi une norme sociale positive. Accentuer les efforts, en axant sur la réduction des inégalités, est donc nécessaire. Car en 2013, le tabagisme était à l’origine de 73 000 décès.

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