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Nouvel antibiotique découvert

Antibiorésistance : la solution passe par les fourmis

Une nouvelle classe d’antibiotiques a été découverte chez une fourmi africaine. La moisissure qu’elle produit contient une souche efficace contre les bactéries résistantes.

Antibiorésistance : la solution passe par les fourmis California Academy of Sciences from AntWeb

  • Publié 17.02.2017 à 07h54
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Son nom : Tetraponera penzigi. Sa piqûre est aussi douloureuse que celle d’une guêpe. Mais cette fourmi kenyane pourrait bien receler la solution contre l’antibiorésistance. Des chercheurs britanniques ont en effet isolé, dans la moisissure qu’elle produit, un nouveau groupe d’antibiotiques : Streptomyces formicae, baptisé en hommage à la fourmi. Il est efficace, même contre les souches bactériennes les plus coriaces, comme le montre l’équipe dans la revue Chemical Science.

De précieuses moisissures

La découverte de cet antibiotique va-t-elle passer dans l’histoire, comme celle d’Alexander Fleming ? La piste suscite en tout cas l’enthousiasme. Il faut dire qu’en matière de traitements contre les bactéries, aucune avancée majeure n’a été effectuée depuis plus d’un demi-siècle. L’antibiorésistance, elle, progresse à pas de géants. C’est donc un soupir de soulagement qu’offre cette étude.

Contrairement à la plupart des antibiotiques, dérivés de bactéries issues du sol, celui-ci nous vient d’une espèce de fourmi à part. « Les fourmis Kenyanes, qui colonisent des arbres, vivent en symbiose avec les acacias épineux », explique le Pr Matt Hutchings. A l’abri dans les feuilles, ces insectes produisent des moisissures qui les nourrissent.

C’est dans cette source alimentaire que les chercheurs ont trouvé ce qui pourrait devenir un antibiotique. Ils ont analysé le génome des moisissures au peigne fin, pour isoler finalement une souche. Celle-ci s’est avérée très puissante : elle est efficace contre le très redouté staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM), mais aussi l’entérocoque résistant à la vancomycine (VRE) ou encore un agent pathogène fongique multi-résistant.

Elargir ses horizons

Afin de confirmer ces résultats, les auteurs ont répété les tests sur plusieurs générations de bactéries, à des concentrations très faibles. Il ne semble pas qu’une résistance se forme.

Au-delà de l’enthousiasme suscité par ces travaux, le Pr Barrie Wilkinson encourage à élargir ses horizons de recherche. « Nos résultats mettent en lumière l’importance d’effectuer les recherches dans des environnements jusqu’ici sous-explorés qui, en s’appuyant sur les avancées récentes en séquençage et édition génétique, permettent la découverte de nouvelles espèces naturellement productrices d’antibiotiques », estime-t-il.

Un conseil précieux, car les autorités sanitaires poussent le milieu médical et scientifique à trouver rapidement des alternatives aux antibiotiques actuels. Et pour cause : si la tendance se poursuit, en 2050, la résistance aux antibiotiques pourrait tuer davantage que le cancer.

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