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Anti-cancéreux, maladies rares...

Médicaments : la potion de l'OCDE contre la hausse des prix

La multiplication des médicaments onéreux et les problèmes qu'elle soulève en termes d'accès aux soins inquiètent l'OCDE. Elle suggère de revoir les mécanismes de fixation des prix.

Médicaments : la potion de l'OCDE contre la hausse des prix shirotie/epictura

  • Publié 16.01.2017 à 14h47
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La multiplication du nombre de médicaments très onéreux et la hausse des prix de ces produits sont à l’origine de pressions de plus en plus lourdes sur les dépenses publiques de santé, et conduisent à remettre en question les stratégies tarifaires de l’industrie pharmaceutique, conclut ce lundi un nouveau rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). 

Il ressort de cette publication(1) une ordonnance de l'OCDE. « Les pouvoirs publics doivent collaborer avec les industriels et les instances de réglementation pour définir une nouvelle approche de la mise au point et de l’utilisation des nouvelles technologies de santé ».

D'après l'organisme, celle-ci devra « encourager l’innovation tout en favorisant l’émergence de traitements plus abordables et d’un meilleur rapport qualité-prix ».

Les anti-cancéreux dans le viseur

Dans la viseur de l'OCDE, on trouve notamment les prix de lancement des médicaments contre les maladies rares qui sont en augmentation, « quelquefois sans que l’on observe une hausse du même ordre de leurs bénéfices pour la santé des patients », déplorent les auteurs.
Comme exemple concret, direction les États-Unis, où le prix de lancement des anticancéreux par année de vie gagnée a été multiplié par quatre en moins de vingt ans et dépasse aujourd’hui les 200 000 USD.  

En parallèle, l'OCDE souligne que les organismes payeurs (compagnies d’assurance ou prestataires publics de services de santé) ont de plus en plus de difficultés à prendre en charge le coût élevé des médicaments destinés à des populations peu nombreuses, « dont le nombre devrait croître fortement avec le développement de la médecine de précision ».

Et le système marche sur la tête, puisqu'à l’autre extrémité de l’échelle, les nouveaux traitements de l’hépatite, qui sont très efficaces et d’un bon rapport qualité-prix à long terme, sont inabordables pour bien des malades qui pourraient en bénéficier dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE, « à cause de leur impact très lourd sur les budgets ».

Les propositions de l'OCDE

L'OCDE conseille donc que le prix des technologies reflète les bénéfices que celles-ci apportent concrètement en terme de santé par rapport à d’autres possibilités, et ce prix devrait être ajusté en fonction des preuves de leur impact réel. « Les organismes payeurs doivent aussi être dotés des pouvoirs nécessaires pour en ajuster les prix et cesser de les rembourser en cas d’inefficacité », ajoute-t-elle.

Enfin, l'Organisation indique qu'un rééquilibrage s’impose entre le pouvoir de négociations des organismes payeurs et celui des producteurs. Selon le rapport, ce rééquilibrage pourrait être facilité par « une plus grande transparence et un renforcement de la coopération entre les organismes payeurs et des initiatives internationales d’achats groupés ». Comme cela a déjà été testé en Europe et en Amérique latine.

« Les accords de tarification en vertu desquels le prix final d’un médicament est lié à ses performances effectives, comme ceux qui existent en Italie et en Angleterre, pourraient aussi être efficaces, pour autant que les coûts de gestion et les coûts administratifs soient maîtrisés et que les données et observations cliniques soient mises largement à la disposition de la communauté scientifique », conclut l'OCDE.

 

(1) La gestion des nouvelles technologies de santé - Concilier accès, valeur et viabilité » (New Health Technologies: Managing Access, Value and Sustainability) 

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