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QUESTION D'ACTU

Etudes menées en Suède et aux Etats-Unis

Chirurgie bariatrique : efficace à long terme chez l’adolescent

La chirurgie bariatrique allège les kilos de manière durable chez les adolescents. Ils perdent en moyenne 30 % de leur poids et maintiennent ce résultat jusqu'à 8 ans.

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  • Publié 06.01.2017 à 07h36
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Une efficacité sans conteste. Recommandée en France depuis 2009, la chirurgie de l’obésité a fait ses preuves. Désormais, les adolescents en surcharge pondérale sont au cœur des attentions. Ils peuvent être opérés sous des conditions strictes. Une approche de dernier recours qui fonctionne, à en croire deux études parues dans le Lancet Diabetes & Endocrinology. Les bénéfices s’étendent bien au-delà des kilos en trop.

Dirigées des deux côtés de l’Atlantique, ces publications analysent l’impact à long terme d’une chirurgie bariatrique par bypass gastrique chez des adolescents en état d’obésité sévère. L’équipe suédoise a comparé le résultat à celui d’adultes eux aussi opérés et d’adolescents qui ne sont pas passés par la table d’opération. Le bilan est le même qu’aux Etats-Unis : l’intervention fait reculer le surpoids de manière non négligeable.

Une obésité persistante

Après, respectivement, 8 et 5 ans de suivi, les Américains et les Suédois ont perdu 28 % de leur poids d’origine. L’ampleur est comparable au recul observé chez les adultes. Mais elle présente en plus l’avantage d’être stable et de s'accompagner d'un suivi plus régulier.
Une conclusion qui n’étonne guère le Pr David Nocca, chirurgien digestif au CHU de Montpellier (Hérault). « Plus on est jeune, plus on a de chances d’avoir un bon résultat tant sur la perte de poids que sur l’amélioration des comorbidités », tranche-t-il.

Plus facile, en effet, de provoquer des changements hygiéno-diététiques radicaux chez des esprits qui ne portent pas encore les séquelles de l’obésité. « Je pense qu’un ado peut basculer plus facilement, juge le Pr Nocca. Agir tôt permet d’éviter les répercussions physiques et psychologiques de l’obésité. »
Sur le papier en tout cas. Car dans les faits, la plupart des adolescents opérés restent obèses, avec un IMC avoisinant les 30 kg par mètre carré. Seul un est parvenu à retrouver un IMC normal. La chirurgie aurait donc tout intérêt à se doubler d’interventions plus marquées dans le domaine de l’activité physique et de l’alimentation, concluent les auteurs des deux études.

C’est finalement sur le plan des comorbidités que le tableau s’améliore le plus nettement. Aux Etats-Unis comme en Suède, la dyslipidémie recule fortement, tout comme les marqueurs de diabète et d’inflammation. Par exemple, l’excès de cholestérol passe de 86 % à 38 % chez les patients américains, et l’hypertension chute de 47 % à 16 %.

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Réduire les risques

Face à ces résultats clairement positifs, les auteurs des deux études s’enthousiasment. « Le bypass gastrique entraîne une perte de poids substantielle tout en réduisant les troubles cardiaques et métaboliques, et il améliore la qualité de vie des adolescents sévèrement obèses sur le long terme », se félicite Torsten Olbers, de l’université de Göteborg (Suède).

Ecoutez...
Pr David Nocca, chirurgien digestif à Montpellier : « L'objectif, c'est d'abord améliorer leur qualité de vie. Ces jeunes sont discriminés, ils s'isolent. Il y a aussi une discrimination au niveau du travail. »


Pour autant, la chirurgie n’est pas sans effet sur l’organisme. Bon nombre de patients doivent de nouveau se rendre en salle d’opération. En cause : les complications de la chirurgie ou de la perte rapide de poids. C’est le cas pour 25 % des jeunes suédois. A long terme, le bypass favorise aussi les carences en vitamines. « Il faut maintenant se concentrer sur les avantages sanitaires majeurs de la chirurgie tout en réduisant ses risques », estime Thomas Inge, de l’hôpital pour enfants de Cincinnati (Etats-Unis).

Pas avant 15 ans

En matière de gestion des risques, la France a franchi une première étape. Depuis 2016, la chirurgie bariatrique est autorisée chez certains adolescents. Ceux qui souffrent d’une obésité sévère et de pathologies associés, et pour qui les autres approches n’ont pas fonctionné, sont éligibles à condition qu’ils aient au moins 15 ans. « Ces opérations ne doivent être pratiquées que dans les CSO, centres experts avec la présence de pédiatres et de pédopsychiatres », souligne David Nocca.

De fait, les risques de ces interventions sur le très long terme sont encore mal connus – et d’autant plus chez l’adolescent. Les opérations restent d’ailleurs assez rares : 117 sont réalisées chaque année, selon la Haute Autorité de Santé. Mais elles pourraient bien exploser en même temps que l’obésité.


Les techniques utilisées ont aussi évolué avec les ans. Sur le territoire français, la gastrectomie en manchon (sleeve) domine nettement. Et pour cause : « elle est plus facile à gérer en termes de suivi car il y a moins de complications, notamment en cas de grossesse ultérieure », indique David Nocca. Les preuves de son efficacité chez l’adolescent et à long terme ne sont pas encore solides. Mais les risques sont faibles. Les études comparatives parues à ce jour font état d’un impact similaire au bypass, dont les effets sont mieux connus.

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