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Paléovirologie

Variole : de l'ADN viral retrouvé dans une momie du 17e siècle

La découverte de l'ADN d'un virus de la variole dans le corps momifié d'un enfant pourrait aider à retracer l'histoire de cet agent pathogène.

Variole : de l'ADN viral retrouvé dans une momie du 17e siècle KIRIL CACHOVSKIJ

  • Publié 09.12.2016 à 18h56
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Après la découverte récente de fioles contenant la variole dans les locaux de l'Agence américaine du médicament, c'est une nouvelle découverte fortuite sur ce virus qui a eu lieu. L'exhumation du corps momifié d'un enfant mort au XVIIe siècle pourrait aider les scientifiques à retracer l'histoire mystérieuse de cet agent pathogène meurtrier, selon une étude publiée ce jeudi dans la revue Current Biology.

Depuis l'éradication de l'infection à la fin des années 1970, grâce à une campagne de vaccination, des spécimens de ce virus existent seulement dans des congélateurs sécurisés de laboratoires. Mais les origines de ce virus restent inconnues, et c'est la découverte de cet ADN viral dans la peau de ce corps momifié qui pourrait nous en dire plus. Comme il se trouvait dans une crypte, sous une église, en Lituanie, les scientifiques ont dû obtenir l'accord de l'OMS avant de démarrer le séquençage de l'ADN de cet ancien agent pathogène.

L'infection est apparue plus tôt qu'on ne le pensait 

Celui-ci indiquerait, entre autres, que l'infection est apparue chez les humains peut-être plus récemment qu'on ne le pensait, et révèle aussi que ce microbe a connu plusieurs mutations. « Il y a des signes que des momies égyptiennes vieilles de 3 000 à 4 000 ans avaient des marques rappelant des peaux grêlées, interprétées comme résultant des pustules caractéristiques de la variole », explique la principale auteure de ces travaux Ana Duggan.

Chercheuse à l'université McMaster (Canada), elle ajoute : « Cette dernière découverte remet vraiment en question cette interprétation et laisse penser que l'histoire de la variole dans les populations humaines pourrait être inexacte ». Pour affirmer cela, les scientifiques ont reconstitué le génome complet de la souche trouvée dans le corps momifié et l'ont comparé à ceux de virus de la variole datant du milieu du XIXe siècle et également de la période précédent l'éradication de l'infection, à la fin des années 1970.

Crédit : Kiril Cachovskij of the Lithuanian Mummy Project, 2015


Pourquoi la variole s'est propagée dans le monde 

Ils en concluent que ces virus avaient un ancêtre viral commun qui est apparu entre 1588 et 1645, ce qui coïncide avec une période d'exploration, de migration et de colonisation qui pourrait avoir contribué à la propagation de la variole autour du globe. Ainsi, « les Egyptiens de l'époque de Ramsès V (-1150 à -1145 av. J.-C.) ne souffraient peut-être pas de variole, mais seulement de la varicelle et de la rougeole », avance Hendrik Poinar, co-auteur de l'étude.

En outre, la reconstitution du génome de ce virus du XVIIe siècle fournit une datation plus précise de l'évolution de la maladie. Les auteurs ont ainsi pu identifier des périodes distinctes d'évolution virale. Ils citent un exemple clair qui s'est produit vers l'époque à laquelle le médecin anglais Edward Jenner a créé son vaccin contre le virus de la variole au XVIIIe siècle. Pendant cette période, le virus s'est apparemment divisé en deux souches, ce qui suggère que la vaccination a pu exercer une pression sur l'agent pathogène qui se serait adapté.

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