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QUESTION D'ACTU

Antibiorésistance

Hôpital : des bactéries dans les chaussons antidérapants

Les couloirs des hôpitaux ne sont pas sans risque. Les chaussons antidérapants, censés prévenir les chutes, récupèrent les bactéries multirésistantes déposées au sol.  

Hôpital : des bactéries dans les chaussons antidérapants toa55/epictura

  • Publié 15.11.2016 à 12h11
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Les chaussons antidérapants sont particulièrement appréciés des jeunes parents. L’adhérence aux surfaces permet en effet d’éviter des chutes à répétition. C’est cette caractéristique qui a convaincu un autre public : celui des hôpitaux. En fonction des services, les patients peuvent être particulièrement fragiles. Mais une équipe des hôpitaux universitaires de Nottingham (Royaume-Uni) souligne que cette sécurité a un prix, celui de la contamination bactérienne, rapporte l’Agence de Presse Médicale. L’étude, menée dans 7 services britanniques, a été présentée au congrès de la Federation of Infection Societies (FIS) et la Healthcare Infection Society (HIS), qui se tenait à Edimbourg (Royaume-Uni) du 6 au 8 novembre.

Une contamination ignorée

54 paires de chaussons usagés et 35 échantillons prélevés au sol ont été analysés pour les biens de cette étude. La comparaison est logique, car deux lieux de contamination peuvent être distingués : le sol et le lit, où les patients gardent parfois leurs chaussons. Si le protocole n’est pas alléchant, les résultats le sont encore moins. Les bactéries résistantes aux antibiotiques sont légion.

Plus de 8 chaussons sur 10 étaient positifs à l’entérocoque résistant à la vancomycine. Le tristement célèbre staphylocoque résistant à la méticilline (SARM) était présent dans 9 % des cas. Les sols, eux, sont moins contaminés mais présentent les mêmes bactéries. Le Clostridium difficile, en revanche, n’a pas été retrouvé.

La conclusion est donc simple aux yeux des chercheurs : des agents pathogènes antibiorésistants peuvent contaminer les chaussons antidérapants. Or, « les patients ne les utilisent pas seulement pour marcher dans les différents services de l’hôpital au cours de leur séjour, mais ils les portent aussi au lit », précisent les auteurs. Ils pourraient donc constituer une source d’infection nosocomiale largement ignorée.

Les draps sales en cause

Ces vêtements jetables ne sont pas les seules causes de contamination bactérienne à l’hôpital. Les draps concentrent eux aussi de fortes doses de pathogènes. Et le nettoyage n’est pas toujours efficace à 100 %. Dans les hôpitaux de Seattle (Etats-Unis), par exemple, les draps propres analysés par une équipe de l’université de l’Etat de Washington n’étaient pas tous indemnes. 2 % des surfaces exposées étaient encore porteurs du C. difficile, à l’origine de diarrhées, rapportent les chercheurs dans FEMS Microbiology Letters. Le score reste honorable : du côté du linge sale, 23 % des surfaces utilisées étaient infectées.

Cette persistance s’explique par plusieurs facteurs, à commencer par la température de nettoyage. Dans l’International Journal of Environmental Research and Public Health, une équipe slovène s’est penchée sur le sujet. Ses membres soulignent que certaines bactéries, dont les entérocoques et les staphylocoques, sont capables de survivre à des températures de 60 °C. Le potentiel de contamination, lui, est énorme : en plus de récolter les fluides des patients malades, les draps passent par divers surfaces et contenants. Autant de zones idéales pour se diffuser discrètement, mais efficacement, dans l’hôpital.

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