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QUESTION D'ACTU

Plusieurs méthodes à l'étude

Contraception masculine : un spray nasal en 2021

La contraception masculine est à portée de main. Une équipe britannique affirme qu'elle sera disponible en 2021. 

Contraception masculine : un spray nasal en 2021 megaflopp/epictura

  • Publié 05.11.2016 à 08h51
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La liste des contraceptions efficaces est longue. Mais elle concerne presque uniquement les femmes. En dehors du préservatif et de la vasectomie, aucune méthode ne cible la gent masculine. Une inégalité qui pourrait bientôt disparaître.
Plusieurs équipes s’attellent à impliquer davantage ces messieurs dans le contrôle de la fertilité. L’une d’elles a annoncé, ce 25 octobre, que sa stratégie sera disponible dès 2021.
Les chercheurs de l’université de Wolverhampton (Royaume-Uni) ont mis au point une pilule contraceptive qui se décline aussi sous la forme d’un spray nasal.

Elaborée avec une équipe portugaise, cette méthode agit directement sur la motilité des spermatozoïdes : elle les rend immobiles, ce qui les empêche d’atteindre l’ovule pour le féconder. Un effet totalement réversible puisqu’il ne dure que quelques jours. A en croire les chercheurs, la molécule agit rapidement. En pilule ou en spray, elle doit être utilisée juste avant un rapport sexuel. Son action prend effet au bout de quelques minutes.

Double injection d’hormones

Outre cette communication très enthousiaste, la contraception masculine fait aussi parler d’elle dans la littérature scientifique. Le Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism (1) publie en effet un essai clinique de phase II qui évalue la sûreté et l’efficacité d’une injection intramusculaire de deux hormones – la norethistérone (progestérone d’action longue) et une forme de testostérone. L’approche est sensiblement différente : il s’agit cette fois de réduire le nombre de spermatozoïdes produits et libérés lors de l’éjaculation.

320 hommes en bonne santé ont pris part à cet essai. Agés de 18 à 45 ans, ils devaient être en couple monogame avec une femme en âge de se reproduire. Tout au long des recherches, ils ont livré des échantillons de sperme à intervalles réguliers.

La première phase consiste en une montée en charge : pendant 26 semaines, les injections ont été réalisées pour réduire le nombre de spermatozoïdes en dessous du seuil d’un million d’unités par millilitre d’éjaculat. Ensuite, deux injections ont été prescrites toutes les huit semaines.

4 grossesses

Ce n’est qu’une fois que le nombre de spermatozoïdes minimal a été atteint que les couples ont pu abandonner la contraception de secours. Pour 274 hommes, ce palier a été franchi au bout de 24 semaines. Par la suite, seules 4 grossesses se sont déclarées. Cela correspond à un taux de 1,57 %. « L’efficacité contraceptive est élevée, surtout si elle est comparée aux autres méthodes réversibles chez l’homme ; elle est comparable à l’efficacité d’une contraception orale féminine », soulignent les auteurs.

Sans surprise, l’approche doit encore être affinée car certains effets secondaires sont lourds. Dépressions et troubles de l’humeur sont encore trop fréquents. D’autres semblent plus faciles à vivre : une hausse de la libido est possible. Le bilan reste positif puisque 75 % des participants se disent prêts à poursuivre cette contraception sur le long terme. « La combinaison d’hormones doit être étudiée davantage afin de mettre au point un bon équilibre entre sûreté et efficacité », reconnaît Mario Philip Reyes Festin, de l’Organisation Mondiale de la Santé – qui finance en partie ces travaux.

 

(1) L’étude a été cofinancée par le programme des Nations Unies pour le développement, le fonds des Nations Unies pour la population, l’Unicef, l’OMS, le programme de la Banque Mondiale pour la recherche, le développement et la formation sur la reproduction humaine, le programme CONRAD – en partie financé par la Fondation Bill & Melinda Gates et l’Agence américaine pour le développement international. Le laboratoire Schering AG a fourni les hormones injectables.

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