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QUESTION D'ACTU

Journée mondiale de la contraception

Contraception : quand la SMEREP dérape

La mutuelle étudiante a publié un communiqué sur la contraception. Son ton moralisateur culpabilise les jeunes femmes qui ont recours à l'IVG ou à la pilule du lendemain.

Contraception : quand la SMEREP dérape Des idées reçues sur le préservatif et le rôle des femmes (DevidDO/epictura)

  • Publié 14.09.2016 à 16h50
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Voilà une publicité dont la SMEREP se serait bien passée. A l’occasion de la journée mondiale de la contraception, le 26 septembre, la mutuelle étudiante s’est fendue d’un traditionnel communiqué qui relaie les données de ses derniers sondages sur la santé de ses adhérents. Mais cette fois, le document se double d’un discours moralisateur insidieux. Le planning familial n’a pas tardé à réagir sur les réseaux sociaux, et a envoyé la SMEREP vers sa tribune parue dans Libération. Elle y appelle à cesser la moralisation sur la sexualité des jeunes. Sur les réseaux sociaux, le bad buzz enfle.

Des formulations douteuses

Il faut dire que le communiqué commence mal : la mutuelle étudiante « tire la sonnette d’alarme quant au comportement à risque des jeunes femmes ayant trop souvent recours à la contraception d’urgence ou encore à l’IVG ». Une formulation maladroite, au mieux, culpabilisante au pire. Les erreurs de communication s’accumulent ensuite : les chiffres sont alignés sans la moindre analyse. Ainsi, le document souligne que « 70 % des étudiantes françaises n’utilisent pas systématiquement le préservatif »… oubliant au passage que d’autres moyens de contraception existent (pilule, implants, stérilets…) mais surtout que les hommes sont eux aussi en charge de la contraception.

Tout au long du texte, les formulations douteuses s’enchaînent. Abordant la contraception d’urgence, la SMEREP rappelle que « près de 10 % (des étudiantes) y ont eu recours 3 fois et 3 % plus de 5 fois ». Une phrase ponctuée d’un inhabituel point d’exclamation. Là encore, toute explication est omise, alors que les raisons sont nombreuses : oubli de pilule, préservatif qui craque… Le communiqué poursuit sa diatribe en s’attaquant aux lycéennes, chez qui « les résultats sont également alarmants ».

Il n’en fallait pas plus pour réveiller la colère des tweetos, qui soulignent une campagne moralisatrice et culpabilisante à l’égard des jeunes femmes.

 

 

 

 

Des données exagérées

La colère est d’autant plus justifiée que les chiffres avancés émanent d'un sondage mené sur des effectifs faibles et peu représentatifs du reste de la population : Opinion Way a démarché 1 214 étudiants – dont 700 Franciliens – et 771 lycéens – dont 368 Franciliens. En se penchant sur les données nationales, il est donc aisé de trouver des résultats bien différents sur le recours à l’IVG.

Une infime minorité des femmes françaises n’utilise aucune contraception. La part de la population concernée par l’interruption volontaire de grossesse est elle aussi marginale. Pour la SMEREP, 5 à 6 % des lycéennes et étudiantes y ont recouru. Les dernières données communiquées par la DREES sont toutes autres : chez les 15-17 ans, c’est presque 10 fois moins.


La contraception d’urgence est librement accessible en pharmacie. Les données se font donc plus rares, mais celles du baromètre santé 2010 tombent en accord avec celles de la SMEREP.

 

Avec ce communiqué bien mal agencé, la SMEREP offre une leçon de communication ratée, y compris sur les réseaux sociaux où elle n'a pas réagi, malgré les nombreux appels des tweetos.

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