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Effet temporaire

Dépression : plus de cas lors du passage à l'heure d'hiver

Passer à l'heure d'hiver augmenterait les cas graves de dépression selon une étude danoise. Un effet qui se dissiperait en dix semaines. 

Dépression : plus de cas lors du passage à l'heure d'hiver muhammed/epictura

  • Publié 02.11.2016 à 14h09
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En apparence, le passage de l'heure d'été à l'heure d'hiver peut paraître savoureux. Dimanche matin, nous avons tous pu bénéficier d'une heure en plus de sommeil. De quoi entamer cette semaine du bon pied ? Pas vraiment, les apparences sont parfois trompeuses. Ce changement anecdotique pour beaucoup pourraient en affecter certains. 

Les résultats d'une étude danoise suggèrent en effet que le passage de l'heure d'été à l'heure d'hiver augmenterait les cas de dépressions graves. Publiés dans la revue Epidemiology, et relayés par Relaxnews, ces travaux ont été menés par le Pr Søren D. Østergaard de l'hôpital universitaire d'Aarhus, au Danemark, en collaboration avec les universités de Copenhague et de Stanford (États-Unis). La recherche consistait à scruter à la loupe 185 419 diagnostics de dépression enregistrés au Registre central danois de recherche psychiatrique entre 1995 et 2012.

11 % de dépressions graves en plus

Et les résultats sont sans appel. Ils concluent que le nombre de patients diagnostiqués dépressifs, et hospitalisés en psychiatrie, augmente immédiatement après le passage de l'heure d'été à l'heure d'hiver. La hausse est même significative, puisqu'elle a été évaluée à 11 % comparée à la période de l'heure d'été. Face à ce constat inquiétant, l'équipe du Pr Østergaard a des explications. Elle assure que cette augmentation est bien due à la transition horaire et non pas à d'autres facteurs, comme le raccourcissement de la durée du jour ou la dégradation de la météo, qui étaient pris en compte dans l'étude.

De plus, les scientifiques estiment que, même si l'étude se focalisait sur les cas de dépression sévère traités en hôpital psychiatrique, la transition horaire pourrait aussi aggraver le risque d'autres formes de dépression, moins graves. Les chercheurs émettent l'hypothèse qu'il faut aller chercher du côté du changement d'heure qui enlève une heure de soleil en fin d'après-midi pour l'ajouter au matin.

Ils font remarquer à ce sujet que le matin, beaucoup de gens ne peuvent pas profiter du jour, car ils sont encore chez eux en train de se préparer pour leur journée de travail. Puis quand ils pourraient enfin profiter du jour après leur travail, il fait déjà nuit. Cette baisse de luminosité affecte le rythme circadien, elle pourrait ainsi jouer un rôle dans la dépression. Pour les chercheurs, ces résultats doivent inciter à la surveillance, plus particulièrement auprès des personnes ayant des tendances à la dépression. L'effet du changement d'heure se dissiperait heureusement en dix semaines.

 

Les autres effet sur la santé du changement

Selon la spécialiste du sommeil, le Dr Sylvie Royant-Parola, il est plus difficile de s’adapter au nouveau rythme pour les personnes âgées et les jeunes enfants de moins de 6 ans, qui ont l’habitude de se lever de bonne heure. « Chez eux, ce changement s’accompagnera d’une petite fatigue ou d’une vague irritabilité. Mais le temps d’adaptation va durer une semaine maximum », indiquait-elle en 2015 dans LParisien.

Toujours au sujet des tout-petits, des chercheurs britanniques ont prouvé récemment que les enfants pratiquent plus d'activités physiques en été qu'en hiver. Menée sur 23 000 enfants âgés de 5 à 16 ans à travers 9 pays, dont l’Angleterre et l’Australie, l’étude a consisté à mesurer l’activité physique des enfants grâce à des accéléromètres électroniques disposés autour de leur taille durant une année entière. Au terme de l’expérience, les chercheurs ont constaté que le niveau d’intensité de l’activité physique des enfants augmente de 15 à 20 % pendant l’été. Un résultat qui équivaut à 33 minutes par jour de plus qu’en hiver. 

« Cette étude prouve que la lumière du jour joue un rôle déterminant sur la forme physique des enfants, aux heures passées en dehors de l’école, c’est-à-dire le matin et en fin d’après-midi. Et ce, aussi bien en Europe qu’en Australie », soulignait le Dr Anna Goodman, auteure principale de l’étude. Les chercheurs précisaient toutefois que les effets de la lumière du jour sur la forme physique des enfants sont similaires selon l’âge, le sexe, et l’origine géographique.

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