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QUESTION D'ACTU

Etude de l’Institut Pasteur et du CNRS

Infections : Néandertal a dopé notre système immunitaire

Les Européens peuvent dire merci à l'homme de Néandertal. Des accouplements préhistoriques avec cette espèce, nous avons tiré une meilleure immunité.

Infections : Néandertal a dopé notre système immunitaire Paul Hudson/Flickr

  • Publié 21.10.2016 à 19h16
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L’homme de Néandertal a disparu il y a 40 000 ans environ… mais avant il a livré un précieux héritage aux Européens. 4 % de notre génome est hérité de cette branche éteinte de l’humanité. Les remerciements sont de vigueurs : grâce à elle, les habitants du Vieux continent sont mieux protégés contre certaines infections. Une équipe internationale, dont font partie l’Institut Pasteur et le CNRS, l’explique dans la revue scientifique Cell.

200 personnes africaines ou européennes ont accepté de livrer leur patrimoine génétique à la science. Les auteurs de ces travaux en ont analysé une partie, l’ARN. Plus spécifiquement la façon dont le système immunitaire inné (les monocytes) réagit face à l’attaque bactérienne ou virale. Des différences marquées émergent entre les ressortissants des deux continents, au bénéfice des habitants d’Europe. L’héritage de Néandertal leur confère une protection accrue face à certains virus. La sélection naturelle aurait en effet favorisé la transmission de mutations qui modulent la réponse à une infection virale.

Plus de lupus en Afrique

Mais nos ancêtres africains ne sont pas en reste, même s’ils n’ont pas rencontré le fameux homme de Néandertal. Eux-aussi ont évolué pour s’adapter à leur environnement. Dans les deux groupes, l’inflammation est moins prononcée. Cela permet de réduire le risque d’allergies et de maladies auto-immunes.

Ces travaux peuvent s’avérer particulièrement utiles pour la médecine actuelle. Les personnes d’origine africaine sont plus exposées au lupus par rapport à celles d’ascendance européenne. Des recherches de ce type livrent des pistes d’explication et permettent d’identifier des populations à risque. Grâce à la même équipe, nous savons désormais que notre susceptibilité aux allergies est également issue des gènes hérités de cet ancêtre disparu. Sur le plan de la prise en charge, le recours à une analyse du génome servira aussi à développer davantage la médecine personnalisée.

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Le papillomavirus, un héritage ancien

L’homme de Néandertal, un ancêtre protecteur, mais pas seulement… Avec les Dénisoviens, cette branche d’hominidés a aidé à répandre les papillomavirus humains sur les continents européen et asiatique. C’est ce que montre une équipe du CNRS dans la revue Molecular Biology and Evolution. Une souche en particulier a fleuri en présence de ces espèces d’homme : le HPV16, connu pour causer des cancers du col de l’utérus ou encore des verrues génitales.

Les chercheurs ont reconstitué l’arbre généalogique de ce virus sexuellement transmissible. Ils ont noté une évolution parallèle entre les hommes archaïques et les hommes modernes. Les accouplements avec nos cousins, Néandertal ou Dénisovien, ont aidé à diffuser le HPV. En Afrique subsaharienne, dont ils étaient absents, la souche est presque absente aujourd’hui. A l’inverse, elle domine nettement en Asie de l’Est et sur le reste du continent.

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