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Traitement curatif

Ebola : le ZMapp réduit la mortalité de 40 %

Un essai international, impliquant l'Inserm, a montré que le médicament expérimental ZMapp permettait de réduire de 40 % les risques de décès liés à la fièvre hémorragique Ebola. 

Ebola : le ZMapp réduit la mortalité de 40 % USAMRIID photo/Flickr

  • Publié 13.10.2016 à 07h49
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L’épidémie d’Ebola est terminée, mais la recherche d'un traitement contre le virus meurtrier se poursuit. De nombreux protocoles ont été lancés pour lutter contre cette fièvre hémorragique qui a fait plus de 11 000 victimes en plus de deux ans et demi en Afrique de l'Ouest. Et l’un de ces traitements expérimentaux, le ZMapp, semble être bénéfique. Les patients ayant reçu ce médicament ont vu leurs risques de décès chuter de 40 %, selon une étude internationale parue ce mercredi dans le New England Journal of Medicine.

Cette combinaison de 3 anticorps monoclonaux a été développée par l’armée américaine, en collaboration avec les autorités canadiennes. Une fois injectés chez une personne infectée, les anticorps s’arriment au virus, ce qui l’empêche d’infecter les cellules et permet au système immunitaire d’éradiquer le virus.

Avant le début de l’épidémie en 2013, ce cocktail d’anticorps avait montré une très bonne efficacité chez le singe. Des résultats suffisants pour que des médecins décident d’administrer quelques fioles à deux humanitaires américains contaminés en janvier 2014. En l’espace de quelques heures leur état s’était amélioré. Un effet spectaculaire pour un médicament contre Ebola. Mais à l’acmé de l’épidémie, le laboratoire militaire n’était pas en mesure de le produire dans des quantités suffisamment importantes.

Partenariat avec la France

Ce n’est qu’en mars 2015 qu’un essai clinique a pu être lancé en Afrique de l’Ouest. Le médicament produit par la société californienne Mapp Biopharmaceutical a été expérimenté au Libéria, en Sierra Leone et en Guinée, où le favipiravir, une autre molécule prometteuse était testée par des chercheurs français. « Le gouvernement américain a alors proposé à l’Inserm de construire et gérer le bras franco-guinéen de cet essai du fait de notre enracinement en Guinée », raconte à Pourquoidocteur le Pr Denis Malvy, co-investigateur de cet essai et responsable de l'unité de médecine tropicale du CHU Bordeaux.

Au total, 72 patients de tous âges (5 au Libéria, 12 en Guinée et 54 en Sierra Leone) ont été recrutés pour cette étude. Initialement, les chercheurs souhaitaient inclure 200 patients, « mais au moment d’inaugurer l’essai, l’épidémie commençait à être endiguée », explique le chercheur. Arrivés dans les centres de traitement Ebola, les malades ont été divisés en 2 groupes pour recevoir uniquement des soins standards (réhydratation, renutrition, maintien des fonctions physiologiques, et du Favipiravir en Guinée) ou, en plus de ces soins de support, 3 injections de ZMapp par jour pendant une semaine.


Traitement de première ligne

Près d’un tiers des patients sont décédés au cours de l’étude. Mais il apparaît que les patients traités avec le ZMapp ont plus survécu que les autres (22 % de morts avec le traitement contre 37 % sans le médicament). Cela signifie que le ZMapp a permis de réduire de 40 % les risques de décès. Faute d’un grand nombre de patients, les résultats ne sont pas statistiquement significatifs. Reste que les autorités sanitaires américaines et des pays sévèrement touchés par l’épidémie lui ont accordé leur confiance. « L’Agence du médicament américaine, connue pour sa férocité et son exigence, a proposé dès février dernier que ce médicament soit délivré dans le cadre réglementaire d’un protocole d’accès étendu pour les personnes atteintes de maladie aigüe à virus Ebola », souligne le Pr Malvy. Un statut qui a permis de prescrire ce médicament aux récents cas recensés en Guinée.

Pour le spécialiste, le ZMapp a sa place dans la stratégie thérapeutique contre le virus Ebola. « Ces résultats marquent un pas déterminant vers la qualification de ce médicament dans la stratégie de 1ère ligne à développer pour la prochaine épidémie », conclut-il.

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