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QUESTION D'ACTU

Etude sur 1 200 élèves

Cybersexisme : les jeunes filles deux fois plus touchées

Sur les réseaux sociaux aussi, le sexisme est vivace. Les jeunes filles sont deux fois plus touchées que les adolescents. Le cybersexisme est incessant et lourd de conséquences.

Cybersexisme : les jeunes filles deux fois plus touchées focuspocusltd/epictura

  • Publié 30.09.2016 à 00h07
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Les violences sexistes ne s’arrêtent plus aux frontières physiques. Désormais, elles se poursuivent sur les réseaux sociaux. Avec une nouveauté pour les adolescents qui en sont les victimes : les agressions ne s’interrompent jamais. Pour la première fois, une étude a jaugé l’ampleur du phénomène sur un échantillon de 1 200 élèves de 12 établissements de la région parisienne.
Le Centre Hubertine-Auclert pour l’égalité femmes-hommes en est l’auteur. Cet établissement a publié les résultats ce 27 septembre, à l’occasion d’une campagne d’information qui joue sur les codes des réseaux sociaux. « Sur Internet aussi le sexisme est une violence. Refusons de la partager », avance le slogan.

Un harcèlement incessant

Le sexisme n’est pas nouveau chez les adolescents. Hors ligne déjà, 30 % des filles et 15 % des garçons en font les frais. Gestes inappropriés, insultes dégradantes pour les unes, injures à caractère homophobe pour les autres. L’expansion rapide, et non maîtrisée, des réseaux sociaux a aggravé le problème. Humiliations, harcèlement, rumeurs se poursuivent en ligne. Et là encore, les jeunes filles en sont les premières victimes. Pour une classe standard (35 élèves), 3 filles et 2 garçons font l’objet du cybersexisme.

Parmi les jeunes interrogés, 20 % des filles et 13 % des garçons reconnaissent avoir subi des insultes sur Internet en raison de leur apparence physique. Les violences à caractère sexuel ne sont pas non plus rares. Photos, vidéos et SMS intempestifs sont déplorés par presque 20 % des filles.


Source : Centre Hubertine-Auclert

 

La photo vengeresse

Comme dans la vie physique, un décalage marqué émerge selon le sexe. Se mettre torse nu est une preuve de virilité dans un cas, et de provocation dans l’autre. « Une fille ce n’est pas la même chose qu’un garçon. Une fille, elle doit peut-être plus se respecter », estime par exemple Hannah, scolarisée en 4e. Le manque de maîtrise de son image ne pardonne pas, pour le sexe féminin. Mais paradoxalement, celles qui refusent de se dénuder sont immédiatement taxées de pruderie.

Il pardonne d’autant moins que les messageries instantanées, Snapshat par exemple, ne sont plus une garantie. Les captures d’écran sont presque devenues la norme. Dans certains cas, les adolescents n’hésitent pas à partager les images sur d’autres réseaux sociaux ouverts, Twitter ou Facebook notamment. Un phénomène nouveau est ainsi apparu : la constitution de dossiers qui sont systématiquement relâchés pour se venger.

Idées noires, suicides

Les conséquences du cybersexisme sont aussi dures pour les jeunes qui en font les frais. 16 % des filles et 11 % des garçons se déclarent mis à l’écart. Les adolescentes sont encore plus nombreuses à adapter leur tenue vestimentaire pour avoir la paix. L’issue est souvent la même : idées noires voire suicidaires, et l’idée que seul un déménagement ou une tentative de suicide sont la solution.

C’est sur ce point qu’insiste le spot de sensibilisation élaboré par le Centre Hubertine-Auclertt. Il met en scène une jeune fille qui se dénude lors d’une discussion vidéo avec son petit copain. La capture d’écran qu’il en fait circule rapidement sur les réseaux sociaux. Les insultes ne tardent pas à fuser.
Si le cybersexisme atteint plus les jeunes femmes, c’est aussi qu’elles dépendent plus souvent de leur téléphone. 46 % d’entre elles déclarent l’utiliser « tout le temps » contre 29 % des garçons.



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Retrouvez l'émission L'invité Santé
avec Aurélie Latourès (Centre Hubertine-Auclert)
diffusée le 29 septembre 2016 

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