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QUESTION D'ACTU

Une dizaine de médicaments

Les anti-inflammatoires augmenteraient le risque d'insuffisance cardiaque

Une poignée d'anti-inflammatoires non stéroïdiens, dont l'ibuprofène ou le diclofenac, serait liée à un risque accru d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque. 

Les anti-inflammatoires augmenteraient le risque d'insuffisance cardiaque Kzenon/epictura

  • Publié 29.09.2016 à 10h45
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L’aspirine, l’ibuprofène et autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) couramment utilisés seraient liés à une augmentation du risque d’insuffisance cardiaque, révèle une étude européenne publiée ce jeudi dans British Medical Journal.

Ces antalgiques font partie des médicaments les plus vendus en France. L’ibuprofène est d’ailleurs le 2ème médicament le plus délivré en pharmacie, juste derrière le doliprane et ses 500 millions de boîtes vendues en 2013. Ces médicaments obtenus sans ordonnance ne sont pas anodins.

De nombreux travaux ont montré qu’ils pouvaient perturber le rythme cardiaque, augmenter le risque d’accident vasculaire cérébral (AVC) ou d’infarctus s’ils sont pris régulièrement. Ces récents travaux suggèrent un nouveau danger : ils augmentent le risque d’hospitalisation liée à l’insuffisance cardiaque.


Plus de 8 millions de patients suivis

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs de l’université de Milan-Bicocca (Italie) ont épluché les dossiers médicaux de 8 millions de patients hollandais, britanniques, italiens et allemands âgés de plus de 18 ans. Tous ont reçu un AINS traditionnel ou un inhibiteur sélectif de la COX-2 ou coxibs, une nouvelle sous-classe d'AINS.
Entre 2000 et 2010, plus de 92 000 d’entre eux ont été admis à l’hôpital pour une insuffisance cardiaque.

Les chercheurs montrent que les patients ayant pris l’un de ces médicaments dans les deux semaines précédents leur prise en charge en urgence ont 19 % plus de risques d’être hospitalisé. Des analyses approfondies révèlent qu’une dizaine de molécules sont à mettre en cause : le diclofenac (vendu sous le nom Voltarène et ses génériques), l'ibuprofène, l'indométhacine, le ketorolac, le naproxène, le nimésulide et le piroxicam, ainsi que deux coxibs appelés l'étoricoxib (Arcoxia) et le rofécoxib (Vioxx retiré du marché mondial en 2004).
Pour le naproxène et le ketorolac, les risques d’admission à l’hôpital varient de 16 à 83 %, tandis que ce risque est plus que doublé lorsqu’il s’agit du diclofenac, étoricoxib, indométhacine, piroxicam, and rofécoxib utilisés à hautes doses.

Ainsi, le risque d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque lié à ces médicaments semble dépendre de la molécule et de la dose administrée, concluent les chercheurs


Réguler l'accès à ces médicaments

Dans un commentaire accompagnant l’étude, deux professeurs de cardiologie danois font part de leur inquiétude. « Même une petite augmentation du risque cardiovasculaire est une préoccupation pour les patients », écrivent-ils en rappelant que ces médicaments peuvent s’acheter dans les supermarchés de nombreux pays européens dans lesquels aucun conseil de professionnel de santé n’est procuré. Ce qui n'est pas le cas en France.

Les cardiologues soulignent par ailleurs que les agences européenne et américaine du médicament ont alerté les patients et les prescripteurs à plusieurs reprises concernant les potentiels dangers de ces molécules, et en particulier du diclofenac.
Un éditorial paru dans le journal de la Société européenne de cardiologie a même appelé les médecins à ne plus prescrire ce médicament. Les deux auteurs réclament donc une régulation renforcée pour réduire l’accessibilité de ces médicaments et garantir la sécurité des malades.

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