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Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire

Maladies cardiovasculaires : les plus démunis sont les plus exposés

Les inégalités persistent en France. Le cœur des plus défavorisés en pâtit : les maladies cardiovasculaires et l'AVC sont plus fréquents et plus mortels dans cette population.

Maladies cardiovasculaires : les plus démunis sont les plus exposés lisafx/epictura

  • Publié 05.07.2016 à 12h16
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« Liberté, égalité, fraternité. » Telle est la devise de la France. Mais en matière d’égalité, de gros progrès restent à accomplir. Dans le domaine de la santé, particulièrement, les inégalités socio-économiques représentent un facteur dommageable. Les classes les plus défavorisées de la population sont fortement exposées aux pathologies cardiovasculaires et neurovasculaires. Elles ont été responsables de 900 000 hospitalisations en 2013 et sont la deuxième cause de décès après le cancer. Deux études parues dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH), édité par Santé Publique France, réalisent un état des lieux bien sombre.

L’âge, un facteur de risque

Infarctus du myocarde, AVC, embolie pulmonaire, insuffisance cardiaque… Face aux maladies cardiovasculaires, la France est plus inégalitaire que ses voisins européens. Le bilan de Camille Lecoffre et ses collègues est sans équivoque. Il faut dire que non seulement ces affections sont plus fréquentes dans les classes défavorisées, mais elles sont en outre plus souvent mortelles.

Entre le quintile (20 % de l'effectif) le mieux doté et le plus désavantagé, les infarctus du myocarde sont 50 % plus fréquents. Le bilan est presque aussi négatif pour l’insuffisance cardiaque. L’âge a tendance à aggraver davantage la situation : l’association est encore plus forte lorsque les patients sont dits « jeunes », c’est-à-dire qu’ils sont âgés de moins de 65 ans. Les insuffisances cardiaques sont ainsi deux fois plus mortelles.


Source : BEH

Ces inégalités face aux maladies cardiovasculaires s’expliquent par des comportements différents entre les plus favorisés et les autres. Les classes désavantagées se tournent plus souvent vers le tabac, l’alcool et les aliments au mauvais profil nutritionnel. Autant de facteurs qui aident à la survenue de pathologies comme l’hypertension artérielle ou le diabète de type 2, connues pour augmenter le risque d’atteintes au niveau du système vasculaire. S’y ajoutent des conditions psychosociales défavorables qui participent au stress et à la dépression.

Plus de mortalité

Mais le mode de vie n’est pas toujours choisi. Il peut être subi. « La pollution atmosphérique, facteur de risque cardiovasculaire reconnu, est aussi plus importante dans les zones les plus défavorisées socio-économiquement », soulignent ainsi les auteurs de l’article. Un environnement physique défavorable, qui empêche l’activité physique régulière.

Conséquence : les classes démunies ne se rendent pas toujours chez le médecin au bon moment. « Une prise en charge médicale plus tardive lors de l’apparition de signes cliniques de la maladie, possiblement liée à une mauvaise connaissance des signes évocateurs et à un moindre recours au système de santé, pourrait également expliquer une augmentation de la mortalité en fonction du désavantage social », supposent les auteurs de l’article.

Les personnes âgées étant plus fragiles et la prise en charge déficitaire, la mortalité explose. Le quintile le moins nanti subit davantage d’hospitalisations pour infarctus du myocarde (35 %), AVC (14 %) et insuffisance cardiaque (44 %). L’association n’émerge pas dans le cas des embolies pulmonaires.

La conclusion est simple, aux yeux des auteurs de l’étude : les efforts sur la réduction des facteurs de risque doivent être poursuivis et approfondis.

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