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Réhabilitation des poumons

Mucoviscidose : l'innovation qui augmente le nombre de greffons

Des médecins français ont réussi à augmenter les greffes pulmonaires en réhabilitant des greffons n'ayant pas les qualités requises pour être transplantés.  

Mucoviscidose : l'innovation qui augmente le nombre de greffons kalinovsky/epictura

  • Publié 14.05.2016 à 12h01
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Protégés sous une cloche stérile, les poumons inspirent et expirent artificiellement de l’air. Durant 4 heures, l’organe prélevé chez un donneur décédé baigne dans un liquide nutritif pour être « nettoyé ». A l’hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine), cette technique de « réhabilitation » ex-vivo des greffons pulmonaires a été mise en place dès 2011 dans le cadre d’un essai clinique.

L’objectif de cette technique est simple : pouvoir transplanter des greffons jugés de bonne qualité. Habituellement, les poumons sont prélevés à des personnes de moins de 56 ans, n’ayant jamais fumé et présentant une fonction pulmonaire optimale.
Mais la pénurie d’organes pousse à élargir les critères d’éligibilité. Avec la réhabilitation ex-vivo, les équipes de transplantations peuvent réaliser des greffes pulmonaires à partir de donneur ayant fumé et/ou âgé de 56 à 70 ans.


Une technique fiable et reproductible

Entre 2011 et 2013, l’équipe de Foch a réhabilité 32 greffons. Seulement un n’a pas retrouvé une fonction pulmonaire satisfaisante pour être transplanté. Et les résultats obtenus avec ces organes sont tout à fait comparables aux greffons conventionnels.

Cette technique fiable et reproductible a permis d’augmenter de façon significative le nombre de greffons utilisables, et elle contribue à réduire le temps d’attente. Depuis, ce projet pilote a été initié à l’hôpital Marie Lannelongue (Le Plessis-Robinson, Hauts-de-Seine), l’hôpital Bichat (Assistance Publique – Hôpitaux de Paris), le CHU de Grenoble et celui de Strasbourg, indique l'Agence de la biomédecine.

Un espoir considérable pour les malades souffrant de mucoviscidose, souligne Vaincre la mucoviscidose qui participe activement à ce projet depuis 2010. « La transplantation pulmonaire est la seule solution thérapeutique pour prolonger la vie de patients atteints de mucoviscidose dont l’état respiratoire s’est irrémédiablement dégradé », rappelle l’association.


La mucoviscidose, première indication de la greffe

Grâce aux évolutions médicales de ces dernières décennies, les malades vivent beaucoup plus longtemps et atteignent en grande majorité l’âge adulte. Une avancée qui devrait se poursuivre avec la mise sur le marché de molécules innovantes et le lancement d’essais cliniques prometteurs.

Mais pour l’heure, l’insuffisance respiratoire chronique terminale demeure la première cause de mortalité dans la mucoviscidose. C’est aussi la raison pour laquelle la maladie est la première indication de la transplantation pulmonaire : sur 337 greffes réalisés en 2014, 85 malades ont en bénéficié, soit plus de 30 % des transplantations pulmonaires.

En France, plus de 7 000 personnes souffrent de mucoviscidose, et tous les 2 jours, un enfant né atteint de cette pathologie.

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