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QUESTION D'ACTU

Eradication en vue

Lutte contre la polio : l'histoire d'une réussite

Le nombre de cas de poliomyélite dans le monde n’a jamais été aussi bas. 24 ans après le lancement de l’initiative de l’OMS, cette maladie serait en passe d’être éradiquée. Voilà pourquoi.

Lutte contre la polio : l\'histoire d\'une réussite Rahmat Gul/AP/SIPA

  • Publié 17.11.2012 à 12h23
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La seule maladie que l’on ait réussi à ce jour à rayer de la carte du monde est la variole. Le dernier cas a été recensé en 1977, et l’éradication mondiale a été certifiée en 1980. La poliomyélite semble actuellement suivre la même voie. Cette maladie infectieuse très contagieuse entraîne des paralysies et touche les enfants de moins de 5 ans en particulier. En 1988, on recensait 350 000 cas de la maladie dans 125 pays. Depuis le début de l’année, 181 cas seulement ont été recensés, contre 505 sur la même période en 2011. Aujourd’hui, trois foyers seulement sont encore infectés par la maladie, au Nigéria, en Afghanistan et au Pakistan.

 

Parvenir à de tels résultats repose sur plusieurs conditions. « La première est qu’il ne faut pas qu’il existe de réservoir animal pour la maladie en question », explique le Dr Jean-Claude Manuguerra, virologue à l’Institut Pasteur. C’était le cas pour la variole, ça l’est pour la poliomyélite et la rougeole par exemple. » Sinon, le virus peut se transmettre de l’animal à l’homme et la diffusion des germes est entretenue.

 

Deuxièmement, il faut qu’il existe un vaccin efficace, « qui entraîne une bonne immunité et de bonne durée », précise le Dr Manuguerra. C’est également le cas pour la poliomyélite. Il existe deux vaccins pour la poliomyélite ; l’un est un vaccin oral, l’autre un vaccin injectable. Le vaccin oral contient un virus vivant atténué, le vaccin injectable un virus inactivé. Dans les deux cas, le vaccin est efficace, bien que « la protection apportée par l’injectable diminue plus rapidement que celle apportée par l’oral », complète le Dr Northan Hurtado, référent vaccination chez Médecins sans frontières. Dans les pays où la poliomyélite sévit encore, c’est la version orale du vaccin qui est utilisée. « Elle est plus facile à administrer, et sa dispensation ne nécessite pas d’être réalisée par du personnel médical », poursuit le médecin.

 

Enfin, il y a la problématique du coût. Pour permettre une couverture vaccinale étendue, le vaccin doit être peu cher. Condition également remplie dans le cas de la poliomyélite, « en particulier pour le vaccin oral », précise le Dr Manuguerra. Mettre au point une couverture vaccinale avec des vaccinations de routine et des campagnes de vaccination de masse a un coût : 9 milliards ont été dépensés depuis 1988 pour éradiquer la poliomyélite, d'après le Polio global eradication initiative. Au 1er octobre, le budget 2012-2013 a été estimé à 2,18 milliards de dollars. 20% proviendront de fonds privés, en particulier de la célèbre Fondation Bill and Melinda Gates.


Alors, que manque-t-il pour se débarrasser de la poliomyélite ? « En théorie, on sait que l’éradication est possible, mais en pratique on voit les difficultés à quel point il est difficile de mener les campagnes de vaccination à certains endroits. Les objectifs sont trop ambitieux pour être atteints rapidement », constate le Dr Hurtado.


Les derniers remparts sont les plus difficiles à faire sauter. Même si l’on dispose de tous les moyens, encore faut-il pouvoir accéder aux dernières populations à vacciner. « Il reste beaucoup de travail. Personne n’avait pensé qu’il serait si difficile d’atteindre ces derniers individus, pour différentes raisons : dans les zones tribales, l’accès est dangereux et difficile ; ailleurs, on se heurte à des croyances culturelles qui rendent délicate la vaccination », constate le Dr Hurtado. Il faut être flexible, s’adapter à chaque situation. Il faut que la vaccination soit acceptée par la population. « Il est nécessaire de faire preuve de pédagogie », relève le Dr Manuguerra.


Ecouter le Dr Jean-Claude Manuguerra, virologue à l’Institut Pasteur : « Il faut tordre le cou aux idées reçues ».

 

En plus des bénéfices évidents apportés aux populations par la disparition de cette redoutable maladie, l’OMS relève que « l’éradication de la poliomyélite au cours des cinq prochaines années permettrait d’économiser au moins 40 à 50 milliards de dollars, surtout dans les pays à faible revenu ».

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