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QUESTION D'ACTU

Un tiers d’aliments jetés

Gaspillage alimentaire : la sécurité trop stricte mise en cause

Une chercheuse néerlandaise propose de lutter contre le gaspillage alimentaire en vérifiant son frigo avant de faire les courses et en assouplissant les règles de sécurité.

Gaspillage alimentaire : la sécurité trop stricte mise en cause Exposition sur le gaspillage au Musée national d'histoire américaine (Philip Cohen/Flickr)

  • Publié 24.04.2016 à 17h35
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Quel gâchis. Un tiers de l’alimentation produite sur Terre est perdue ou jetée. Ce n’est pas faute de lancer l’alerte sur les risques d’un tel comportement. Dans la prestigieuse revue Science, une chercheuse de l’université d’Aarhus (Pays-Bas) propose une approche alternative : « agir un frigo à la fois ». Sa doctrine est simple puisqu’il s’agit de passer par la réduction du gaspillage pour agir sur les émissions de gaz à effet de serre. Sa stratégie s’oriente notamment sur une révision des règles de sécurité alimentaire.

30 % d’aliments jetés au domicile

« Nous connaissons plus ou moins l’étendue du problème et des causes du gaspillage alimentaire, explique Jessica Aschermann-Witzel dans Science. La prochaine étape sera l’action, et des travaux sont nécessaires pour identifier ce qui est le plus efficace. » Les causes de ce gâchis varient selon les régions du monde. Dans les zones défavorisées, il survient dans 75 % des cas entre la récolte et l’achat à cause de mauvaises techniques de moisson et de transport. Une amélioration des infrastructures devrait réduire l’ampleur du gaspillage.

Dans les pays développés, les choix des consommateurs sont au cœur de la problématique. 30 % des aliments achetés par un foyer finissent dans la poubelle. En cause, selon la chercheuse néerlandaise, les normes culturelles. Nombreux sont ceux qui proposent une nourriture pléthorique à leurs invités. Mais Jessica Aschermann-Witzel insiste surtout sur la mauvaise perception des normes de sécurité sanitaire. « Les aliments sont retirés des rayons, du service et des foyers parce qu’ils ne sont plus considérés comme optimaux lorsqu’ils approchent de la date limite de consommation ou qu’ils ont des défauts mineurs », écrit-elle. Les fruits et légumes sont particulièrement touchés par le phénomène.

Agir à petite échelle

La Hollandaise voit tout de même une lueur d’espoir dans ce tableau bien sombre : jeter la nourriture s’accompagne toujours d’un sentiment de culpabilité. « Un bon début », estime-t-elle. C’est pourquoi elle plaide en faveur d’une action à petite échelle : que chaque foyer vérifie le contenu de son réfrigérateur avant de faire les courses, par exemple.

Les gouvernements peuvent eux aussi agir en revoyant les règles de sécurité alimentaire, parfois trop strictes. « La réduction des prix des aliments dont la date d’expiration est proche et les redistributions alternatives ne sont pas efficaces si elles repoussent simplement le gâchis au domicile privé plutôt qu’aux supermarchés », avertit Jessica Aschermann-Witzel. Les producteurs peuvent aider leur côté en mettant au point des emballages qui conservent la fraîcheur des aliments.

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