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QUESTION D'ACTU

Risque d'obésité

Etude: pourquoi le manque de sommeil stimule l'appétit

Le manque de sommeil stimule l'appétit et l'envie d'aliments gras. Pour la première fois, de chercheurs font le lien entre ce phénomène et le système endocannabinoïde.

Etude: pourquoi le manque de sommeil stimule l'appétit Marcos Calvo Mesa

  • Publié 01.03.2016 à 14h31
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Le manque de sommeil est associé depuis longtemps à une alimentation peu équilibrée portée sur le gras et le sucré. Jusqu’à présent, les mécanismes sous-jacents n’avaient pas été élucidés. Mais une équipe de chercheurs de l’université de Chicagoa découvert comment la privation de sommeil entraîne et amplifie la production de signaux chimiques stimulant l’appétit, en particulier l’envie de junk-food. Ils publient leurs résultats ce lundi dans le journal Sleep.

Les scientifiques ont étudié 14 jeunes hommes et femmes d’une vingtaine d’années en bonne santé. Après 4 nuits d’insomnie, ces participants n’ont pas pu résister à des cookies, des bonbons et des chips. Et ce même après avoir mangé un repas gargantuesque deux heures avant. Cet effet sur l’appétit semble plus important en fin de journée ou tôt le matin, des périodes de la journée où le grignotage favorise la prise de poids.

« La privation de sommeil semble stimuler le système endocannabinoïde - celui-ci est également la cible des substances actives du cannabis – qui suscite la gourmandise, le plaisir et la satisfaction de manger », explique Erin Hanlon de l’université de Chicago et auteur principal de l’étude.


Des variations inhabituelles

En réalisant des prélèvements sanguins chez les volontaires, les chercheurs ont pu isolé la molécule responsable : l’endocannabinoïde 2-arachidonoylglycérol (2-AG). Habituellement, la concentration sanguine de cette molécule est faible la nuit, puis elle augmente au cours de la journée avant d’atteindre un pic en fin d’après midi. Mais chez les volontaires en manque de sommeil, le taux de 2-AG est plus élevé en journée et reste important la nuit.

Par ailleurs, c’est au cours de cette période que les participants ont rapporté un plus grand appétit. Et une fois à table, il consommaient 2 fois plus de gras qu’après une bonne nuit de sommeil.

Pour les auteurs, cette augmentation du taux d’endocannabinoïde endogène « pourrait être le mécanisme par lequel le manque de sommeil entraîne une prise alimentaire excessive, en particulier sous la forme de snacks sucrés ». Et par extension, il expliquerait en partie pourquoi l’insomnie est liée à un risque accru d’obésité et de diabète.

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