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De plus en plus de demandes

Attentats de Paris : comment se former aux gestes qui sauvent

Au lendemain des attentats, de nombreux Français souhaitent être formés aux premiers gestes de secours, voire devenir bénévoles secouristes. 

Attentats de Paris : comment se former aux gestes qui sauvent GEAI LAURENCE/SIPA

  • Publié 23.11.2015 à 16h39
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Les évènements tragiques survenus vendredi 13 novembre à Paris nous ont tous mis face à un questionnement : si j’avais été présent, aurais-je pu sauver des vies ? Aurai-je su prodiguer les premiers secours ?
A l’instar de Daniel Psenny, journaliste au Monde blessé en aidant une victime du Bataclan qui a dû appeler une amie médecin pour effectuer des points de compressions, combien de rescapés des attentats n’ont pas su quoi faire ? L’impuissance a été un sentiment partagé par de nombreux rescapés lors des attentats.
A la lumière de ces évènements, l’enseignement des gestes de premiers secours apparaît plus que jamais indispensable. Et les Français semblent en avoir pris conscience.
« Depuis les attentats, on a davantage de demandes pour nos formations de premiers secours et un certain nombre de personnes souhaitent même nous rejoindre comme bénévoles », confirme Patrice Dallem, directeur des urgences et du secourisme de la Croix Rouge Française, qui ajoute que cette tendance est une reconnaissance du travail des secouristes bénévoles fortement mobilisés cette nuit-là.

Aujourd’hui en France, à peine 1 personne sur 5 connaît vraiment les gestes qui sauvent. Pourtant après seulement 8 heures de formation, les gestes de base comme le massage cardiaque, les points de compression ou la pose d'un garrot sont connus.
« Dans une situation comme vendredi soir, quelqu’un formé aux gestes simples aurait su avoir les bons réflexes pour beaucoup de blessés. Il est probable que des personnes soient mortes de leurs blessures faute de soins immédiats », regrette Patrice Dallem.

Outre la formation initiale, le secouriste souligne également l'importance des formations continues pour les personnes titulaires du PSC1. De fait, lorsque ces techniques de secours ne sont pas pratiquées, elles sont très vite oubliées. 

 
 
 

Adapter les formations

Malgré une formation solide, les bénévoles secouristes n’étaient pas prêts à assister aux scènes de guerre qui ont suivi les attaques du 13 novembre. « Personne ne l’était. Mais les sapeurs pompiers, les médecins du SAMU et les bénévoles ont été remarquables. Néanmoins, les évènements impliquent pour la Croix Rouge Française de travailler sur l’approche psychologique car il va falloir que nous soyons prêts à y faire face si cela se reproduit, à Paris comme en province. Nous devons nous aguerrir », conclut le secouriste.

 

Où se former aux gestes de secours ?

Chaque année plus de 900 000 personnes participent à la formation de Prévention et secours civique de niveau 1 (PSC1) organisé à la Croix Rouge Française. « A cela s’ajoute les formations réalisées par de nombreuses autres associations comme la fédération de protection civile, la Croix Blanche, la fédération française de sauvetage et de secourisme, l’Ordre de Malte ou encore les pompiers, énumère Patrice Dallem, le directeur des urgences et secourisme à la Croix Rouge.

Pour tous ces organismes, le prix moyen des formations est de 60 euros. A partir de 10 ans, tout le monde peut y participer et aucun prérequis n’est nécessaire.

Mais aujourd’hui, l’acteur de formation le plus important est l’éducation nationale. Depuis 2005, tous les élèves de 3ème doivent apprendre les 10 gestes de secours les plus simples. En réalité, tous les collèges de France ne l’ont pas mis en place faute de moyens mais l’Education nationale s’organise et avance à grands pas pour que l’ensemble des enfants soient formés au PSC1.

Par ailleurs, les sociétés de plus de 50 salariés sont obligées d’organiser une formation aux gestes de secours et d’avoir un salarié formé au sauvetage-secourisme du travail (SST). « Les chef d’entreprise de moins de 50 salariés pourraient aussi organiser ce type de formation. Certains sont déjà dans cette attitude citoyenne », se réjouit Patrice Dallem.

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