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QUESTION D'ACTU

Mécanisme épigénétique

Anomalies congénitales : une transmission sur deux générations

Une équipe de recherche a montré que les anomalies congénitales pouvaient se transmettre sur des générations via des modifications épigénétiques.

Anomalies congénitales : une transmission sur deux générations CLOSON DENIS/AMADUZZI/SIPA

  • Publié 09.10.2015 à 18h23
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La survenue d’altérations lors de la formation des spermatozoïdes chez le grand-père entraînerait des anomalies du développement et une survie réduite sur deux générations, révèle une étude publiée ce jeudi dans Science.

Ces travaux menés chez la souris par des chercheurs canadiens et suisses se sont intéressés à des protéines particulières, les histones. Ces dernières permettent à l’ADN de se condenser à certains moments de la vie d’une cellule. Des récents travaux ont montré qu’une modification de ces histones chez un parent provoque des conséquences bien plus graves que ce que l’on pensait chez ses descendants. Ces changements ne modifient pas les gènes et sont réversibles, c’est ce que l’on appelle l’épigénétique.

Anomalies congénitales et mort précoce

Pour en savoir davantage sur ces modifications héréditaires, les chercheurs de l’université de McGill (Canada) et de Basel (Suisse) ont modifié des souris mâles afin qu’elle sur-expriment une protéine appelé KDM1A. Cette manipulation avait pour objectif que leur information biochimique soit altérée durant la formation des spermatozoïdes. Ils les ont ensuite laissé vivre et s’accoupler afin d’étudier l’impact sur les souriceaux.

A la naissance, les petits présentaient des anomalies congénitales et une malformation du squelette. Ils présentaient également un taux de mortalité néonatale plus important que le groupe de souris non modifiées. Des conséquences toujours présentes sur deux générations suivantes, ce qui signifient que les anomalies du sperme se sont transmises sur deux générations.

« Lorsque nous avons observé cette diminution de la survie et les anomalies du développement sur plusieurs générations, nous avons vraiment été médusés, raconte Sarah Kimmins, co-responsable des travaux et chercheuse au département de biologie animale à l’université McGill. Nous n’aurions jamais imaginé que modifier une seule protéine pourrait avoir de telles répercussions. »

Un domaine de recherche en plein essor

Selon les auteurs, ces résultats mettent en évidence le rôle crucial du père dans la santé de ses enfants et de ses petits-enfants. Ils ouvrent également de nouvelles perspectives de prévention et de traitement.

Aujourd’hui, le domaine de l’épigénétique est très actif. Il permet d’explorer les pistes que la génétique abandonne, faute de réponses satisfaisantes. Son rôle est soupçonné dans les maladies complexes et multifactorielles comme les cancers les pathologies neurodégénératives ou encore l’obésité. Toutes sont causés par l’environnement, un mode de vie particulier (tabac, stress, alcool) mais également par l’histoire familiale qui ne se lit plus uniquement dans les gènes.

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