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Objectifs de l'OMS

Sel et potassium : des recommandations irréalistes

Pour lutter contre les maladies cardiovasculaires, l’OMS recommande de limiter l'apport en sel et d’augmenter celui en potassium. Des objectifs inatteignables, selon une récente étude.

Sel et potassium : des recommandations irréalistes Dubravko Soric, Flickr

  • Publié 09.04.2015 à 19h12
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  • Mise à jour le 10.04.2015 à 09h25
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Les limites fixées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) concernant le sel et le potassium seraient inatteignables, d’après une étude américaine publiée fin mars dans le British Medical Journal.

Consommer trop de sodium et pas assez de potassium peut entrainer une hypertension et augmenter les risques d’accidents vasculaires cérébraux et les cardiopathies. Pour abaisser ce risque, l’OMS conseille d'absorber moins de 5g de sel par jour, soit une cuillère à café, tandis que la consommation quotidienne de potassium doit avoisiner les 3,5g, quantité contenue dans 9 tasses de lait.

La France, bonne élève

Pour évaluer l’application de ces lignes directrices, une équipe de chercheurs internationaux ont analysé les statistiques de quatre pays (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Mexique et France). Les meilleurs élèves sont les Français... avec 0,5 % de la population respectant les limites fixées par l’OMS ! La Grande-Bretagne est quant à elle lanterne rouge puisque seulement un Britannique sur 1000 suit les recommandations. 

« Les données confirment que nous consommons trop de sel et pas assez de sodium, explique le Dr Adam Drewnowski de l’université de Washington, auteur principal de l’étude. Mais elles suggèrent également que les chiffres proposés par l’OMS et les autres agences de santé sont complètement inatteignables. Les chances que la majorité de la population atteigne ces objectifs sont proches de zéro. »

 Sels cachés

De fait, la surconsommation de sel, grandement imputée aux plats préparés de manière industrielle, et la transformation des produits qui diminue la quantité de potassium dans l’alimentation réduisent à néant les efforts des populations. Autre problème : de nombreux aliments sont source de potassium mais également de sodium comme le lait. Aussi est-il impossible de d'augmenter son apport en potassium sans augmenter la consommation de sodium.

Par ailleurs, les aliments riches en potassium tels que les légumes verts, les poissons ou les fruits secs ont tendance à être plus chers que les autres. Ainsi, consommer ces aliments de manière régulière a un coût financier non négligeable.

Revoir les objectifs

Pour Adam Drewnowski, l’éducation des consommateurs seule ne sera pas suffisante pour réduire la consommation de sel. En effet, traquer les sels cachés est inefficace si les plats industriels ne sont pas reformulés. L'OMS considère d'ailleurs ce levier d'action comme incontournable.

Si les objectifs nationaux et internationaux sont inatteignables pour les pays riches, comment les pays en développement peuvent-ils les atteindre ? Pour le chercheur, ces recommandations nutritionnelles doivent donc prendre en compte les obstacles et les moyens que peuvent mettre en oeuvre ces pays.

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