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QUESTION D'ACTU

Effets de l’altitude sur l’organisme

Mal des montagnes : des scientifiques l'étudient dans l’Himalaya

Nausées, vomissements, maux de tête : le mal des montagnes touche une personne sur deux. Pour mieux le comprendre, 56 Français se rendent sur le mont Manaslu pour 5 semaines d'expérimentations.

Mal des montagnes : des scientifiques l'étudient dans l’Himalaya Echocardiographie réalisée au sommet du Mont Blanc lors d’une précédente expédition (Samuel Verges)

  • Publié 21.03.2015 à 09h14
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Objectif Himalaya pour l’Inserm ! L’Institut de la santé et de la recherche médicale participe à une expérience internationale qui se déroulera sur le Toit du monde. Six chercheurs et 50 volontaires français vont étudier l’impact de la haute altitude sur l’organisme. Le départ est prévu le 21 mars.

 

Etudier le mal des montagnes

L’expédition « Manaslu 2015 » rassemble 5 équipes de chercheurs du monde entier. Pendant 5 semaines, l’impact de l’altitude sur le cœur, le cerveau et le sommeil sera étudié en détail. C’est l’unité Inserm 1042 de Grenoble (« Hypoxie et physiopathologie cardiovasculaire et respiratoire ») qui représentera la France. Cinq groupes de 10 personnes quitteront Katmandou le 21 mars et s’installeront sur un camp de base du mont Manaslu (8156 m). Les participants, qui ont suivi tout un programme d'évaluation au niveau de la mer, subiront une batterie de tests pendant 5 semaines.

 

« Le développement des loisirs, la multiplication des séjours en moyenne et haute altitude pour des personnes parfois peu expérimentées pose la question de l’intolérance à l’altitude, explique l’Inserm dans un communiqué. Ces difficultés d’adaptation résultent de mécanismes physiopathologiques associés à la diminution de la disponibilité en oxygène au fur et à mesure que l’on s’élève en altitude. » Le mal des montagnes est le symptôme le plus connu de cette difficile adaptation. Il touche une personne sur deux au-dessus de 4 000 m, et trois quarts de celles qui s’aventurent au-delà de 5 000 m. Des formes plus graves peuvent survenir, comme un œdème pulmonaire de haute altitude ou un œdème cérébral de haute altitude.

 

Des effets sur le cœur et le cerveau

L’équipe de l’Inserm, dirigée par Samuel Vergès, va étudier dans le détail l’adaptation de l’organisme à la haute altitude. Echographies, Doppler et autres spectroscopies permettront d’expliquer ce phénomène. En effet, des études sur le Mont Blanc ont montré qu’en situation d’hypoxie, des perturbations cérébrales apparaissent : l’anatomie du cerveau est altérée, de même que son oxygénation et la fonction des neurones moteurs. Le cœur est aussi touché : l’altitude altère les capacités de relaxation du myocarde et la contraction du ventricule droit.

 

Les chercheurs espèrent à terme développer des moyens pour limiter les effets délétères de l’altitude. Ils vont notamment évaluer l’impact d’un masque de pression expiratoire positive (PEP), qui devrait augmenter la pression intra-pulmonaire, et l’oxygénation du sang et des muscles.

Dernier axe, et pas des moindres : comprendre comment l’altitude agit sur le sommeil. Car des études l’ont démontré : l’hypoxie allonge le temps d’endormissement, diminue la durée des phases de sommeil profond et favorise les réveils intra-sommeil, tout en favorisant l’apnée du sommeil.

L’expédition durera jusqu’au 26 avril et peut être suivie sur les réseaux sociaux. La page Facebook de l’Inserm propose de suivre les chercheurs en direct, tout comme le compte @insermlive.

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