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QUESTION D'ACTU

MSF dénonce le blocus sanitaire

« En Syrie, faute de césarienne, les femmes meurent en accouchant »

Après 2 ans et demi de conflit, le système de santé syrien est dévasté et ne peut même plus faire face aux besoins sanitaires primaires.

« En Syrie, faute de césarienne, les femmes meurent en accouchant » Plus de 60 000 Syriens se sont réfugiés dans le camp de Domiz, au Kurdistan irakien. Michael Goldfarb/MSF

  • Publié 13.11.2013 à 12h41
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« En ce moment, on parle de l’urgence aux Philippines. En médecine, on dirait que c’est une crise aiguë. Pour la Syrie, la crise aiguë dure depuis plus de 2 ans. En dehors des humanitaires, pour les civils, il n’y a quasiment plus d’accès aux soins possible », témoigne le Dr Bernard Leménager. Chirurgien à la retraite, il rentre de sa 3e mission dans le Nord de la Syrie pour Médecins Sans Frontières, l’une des rares ONG à envoyer encore des humanitaires expatriés dans cette zone au plus près des combats. Ricardo Fernandez Sanchez est kiné, il revient également d’une mission MSF dans un hôpital de la province d’Idlib, au Nord-Ouest du pays. « Certains postes médicaux avancés syriens tiennent encore le coup proches de la ligne de front. Mais ce sont des pharmaciens, des ophtalmos, des infirmiers ou des étudiants en médecine qui se retrouvent à faire de la chirurgie de guerre. Pour tous les soins primaires, il n’y a plus que nous », raconte-t-il.



« Même accoucher est devenu extrêmement risqué »

Les médicaments contre les maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension se font rares et même accoucher est devenu une menace de mort. « Comme le système de santé syrien fonctionnait bien, beaucoup de femmes ont déjà eu des césariennes. Aujourd’hui, elles courent donc le risque de rupture de l’utérus si personne n’est là pour leur faire une nouvelle césarienne », explique le chirurgien Bernard Leménager.

Ecoutez le Dr Bernard Leménager, chirurgien de retour de mission en Syrie pour MSF : « La césarienne, c’est un geste chirurgical simple mais encore faut-il pouvoir le faire. Car une rupture utérine, c’est la mort pour la mère et pour l’enfant »



Les grands brûlés de la vie quotidienne affluent

Les besoins en soins primaires ne cessent de croître, dans un pays où 1 habitant sur 4 a dû fuir son domicile et vit réfugié dans des conditions précaires. « Le mazout de mauvaise qualité qui est utilisé dans les voitures et pour se chauffer et cuisiner dans les tentes des réfugiés est responsable d’un grand nombre d’accidents et d’incendies », explique Ricardo Fernandez Sanchez.

Ecoutez le Dr Bernard Leménager : « C’est une conséquence indirecte du conflit, nous faisons beaucoup de chirurgie de grands brûlés pour des femmes et des enfants. »



Pour la prise en charge des grands brûlés ou des personnes opérées en traumatologie, il faut notamment anticiper le fait que leur suivi sera difficilement optimal. « En kiné, on essaye d’intervenir dès le bloc opératoire, c’est plus efficace que si on essaye de mobiliser plusieurs semaines après une articulation toute raidie ou une cicatrice rétractée », explique Ricardo Fernandez Sanchez.

Ecoutez Ricardo Fernandez Sanchez, kinésithérapeute de retour de mission en Syrie pour MSF : « Ces patients ne pourront probablement pas avoir de chirurgie reconstructrice donc il faut intervenir en prévention tous les jours sur les cicatrices pour limiter les séquelles de brûlures. »



Entre juin 2012 à septembre 2013, les équipes MSF en Syrie ont donné  plus de 90 000 consultations médicales, effectué 4 500 opérations chirurgicales et assisté près de 1 500 accouchements. Mais certaines zones aux mains des rebelles restent totalement inaccessibles à l’aide humanitaire. Le gouvernement de Damas les maintient en état de blocus sanitaire en refusant même l’acheminement des médicaments de première nécessité. Une situation très critiquée par MSF qui demande aux Nations Unies de mettre la même détermination à régler la question de l’accès à l’aide humanitaire que celle des armes chimiques. Et de toute urgence, car le retour du froid ne va faire qu’accentuer une situation déjà criante.

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