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Facteur de risque

Troubles alimentaires : les réseaux sociaux favorisent les risques chez les jeunes ados

Les réseaux sociaux conduisent certains jeunes ados à développer des problèmes d’image corporelle et par conséquent des troubles alimentaires. 

Troubles alimentaires : les réseaux sociaux favorisent les risques chez les jeunes ados AntonioGuillem/iStock

  • Publié le 04.12.2019 à 19h30
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Une nouvelle étude vient mettre en lumière les effets néfastes des réseaux sociaux sur la santé des jeunes. Alors qu’il avait déjà été prouvé que les réseaux sociaux pouvaient avoir une influence très négative sur la façon dont les jeunes femmes percevaient leur corps, de nouvelles recherches montrent que les réseaux sociaux conduisent certains jeunes adolescents, tous sexes confondus, à développer des problèmes d’image corporelle et par conséquent des troubles alimentaires. Les résultats de cette étude sont parus mardi 3 décembre dans l'International Journal of Eating Disorders (Wiley).

Pour en arriver à cette inquiétante conclusion, des chercheurs des universités Flinders et d’Australie-Occidentale ont interrogé 996 adolescents sur leur utilisation d’Instagram, Facebook, Tumblr et Snapchat. Au total, 74,5% des filles et 69% des garçons avaient au moins un compte sur un réseau social, Instagram étant le plus courant. Et la moitié des sujets avait moins de 13 ans, soit l’âge minimum recommandé pour utiliser ces plateformes.

Après avoir interrogé les participants sur leurs habitudes alimentaires, les chercheurs ont également pu constater que 51,7% des filles souffraient de troubles de l’alimentation contre 45% des garçons. Ces jeunes avaient ainsi tendance à sauter des repas et à faire du sport à outrance pour perdre du poids ou éviter d’en prendre. Les utilisateurs d’Instagram et de Snapchat semblaient être les plus affectés.

Faire en sorte que les jeunes soient moins affectés par la pression des médias sociaux 

Ainsi, selon les chercheurs, l’augmentation de l’utilisation des réseaux sociaux est associée à un plus grand risque de troubles de l’alimentation. “Les médias sociaux semblent encourager les jeunes à se concentrer fortement sur leur apparence et sur la façon dont ils sont jugés ou perçus par les autres (…) Trouver ces associations claires entre les troubles de l'alimentation et l'utilisation des médias sociaux chez les jeunes adolescents, filles et garçons, suggère qu'il faut faire beaucoup plus pour accroître la résilience des jeunes afin qu'ils deviennent moins affectés par les pressions des médias sociaux”, commente le Dr Simon Wilksch, agrégé supérieur de recherche en psychologie à l'université Flinders et auteur principal de l’étude.

“L'un des éléments clés de la prévention des troubles de l'alimentation consiste à faire passer le message que notre estime de soi doit être définie par une combinaison de nos capacités, de nos valeurs et de nos relations, développe le chercheur selon qui appellent les parents à prendre leurs responsabilités. Les parents ont un rôle important à jouer dans l'utilisation précoce des médias sociaux par leurs enfants : une étude passée a montré que le contrôle du temps passé sur les réseaux est associé à une plus grande satisfaction dans la vie des filles et des garçons préadolescents.”

“Il faut s'attaquer à ce problème étant donné que 13 ans est l'âge minimum requis pour accéder à de nombreux comptes de réseaux sociaux et que le début de l'adolescence est une période de risque accru de troubles alimentaires. De plus, étant donné que l'éducation aux médias est la principale approche de réduction des risques chez les jeunes adolescents, si les médias sociaux sont associés à un risque accru de troubles de l'alimentation, un contenu ciblant l'utilisation des médias sociaux pourrait facilement être intégré à de tels programmes”, poursuit Wilksch, qui a lancé un programme pour aider les jeunes filles à se faire “leur propre opinion” de la relation qu’ils veulent avoir avec les réseaux sociaux afin qu’elle soit en accord avec leurs valeurs personnelles. Ce programme, qui s’inspire du projet britannique Media Smart Online, semble avoir des premiers résultats très encourageants. A tel point que les chercheurs comptent désormais le proposer aux garçons également, car “ces préoccupations ne se limitent pas aux femmes.”

Avoir la tête d'un petit tigre

Face aux nombreuses critiques sur les effets néfastes des réseaux sociaux sur la santé mentale et physique des jeunes, les patrons d’Instagram ont récemment annoncé qu’ils comptaient censurer les post promouvant la chirurgie esthétique ou des produits pour faire maigrir. Toutefois, tant que les comptes de personnalités refaites de la tête au pied, telles que les sœurs Kardashian, et suivies par des millions d’internautes seront autorisés, cela ne risque pas de changer grand-chose.

En 2016, une étude parue dans le Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics, avait déjà associé l’addiction aux réseaux sociaux avec l’anorexie, la boulimie et autres troubles de l’alimentation et de la perception du corps. S’appuyant sur l’analyse croisée de deux questionnaires remplis par 1 765 adultes âgés de 19 à 32 ans, ces travaux montraient que les personnes qui se connectaient le plus chaque jour aux réseaux sociaux étaient deux fois plus à risque, quel que soit l’âge, le revenu ou le sexe de l’internaute.

L’année suivante, des chirurgiens esthétiques avaient tiré la sonette d’alarme dans la revue JAMA Facial Plastic Surgery pour alerter contre l’augmentation de la “Snapchat dysmorphia”. Ce phénomène “désigne des patients qui veulent ressembler à des versions filtrées d’eux-mêmes [proposés par les réseaux sociaux et surtout Snapchat, NDLR], avec des lèvres plus pulpeuses, des yeux plus grands ou un nez plus mince”, expliquaient les chercheurs. 

“Il y a plein de femmes qui voudraient avoir la tête d’un chat ou d’un petit tigre avec des yeux tirés et un visage triangulaire ou rond, comme avec les filtres Snapchat. La demande par rapport aux selfies est énorme, ça joue vraiment dans l’addiction à la chirurgie esthétique, maintenant nous devons être beaucoup plus vigilants, et faire de la psychologie avant d’opérer”, s’inquiétait alors le docteur Nader Saad, chirurgien plasticien au Liban, à Dubaï et à Genève dans Paris Match.

 

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