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QUESTION D'ACTU

Etude menée au Québec

L’anorexie chronique affecte les gènes de l'anxiété

Tout est dans la tête et dans les gènes. Selon une étude canadienne, l’anorexie mentale, lorsqu’elle devient chronique, perturbe l’expression de certains gènes, notamment liés à l’anxiété.

L’anorexie chronique affecte les gènes de l'anxiété DURAND FLORENCE/SIPA

  • Publié 08.02.2015 à 16h34
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L’anorexie n’agit pas seulement sur l’esprit. Elle affecterait aussi l’ADN. Une étude québecoise, à paraître dans l’International Journal of Eating Disorders, détaille les interactions de ce trouble du comportement alimentaire (TCA) avec les modifications de l’ADN.

 

Mauvaise lecture des gènes

Une équipe de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, à Montréal (Canada) et de l’hôpital Sainte-Justine (Montréal) a étudié le génome de personnes souffrant d’anorexie mentale. Plus le trouble persiste, plus le patient ou la patiente risque de présenter des altérations de la méthylation de l’ADN. Ce phénomène chimique conditionne l’expression des gènes. Dans le cas de l’anorexie, ce sont les gènes liés à l’anxiété, au comportement social, à diverses fonctions du cerveau et du système nerveux, mais aussi à l’immunité et au fonctionnement des organes périphériques qui sont touchés.

 

« Les troubles de l’alimentation ne sont pas causés par des problèmes superficiels d’image corporelle ni par de mauvaises relations parents-enfants », analyse le Dr Howard Steiger, co-auteur de ces travaux. « Ils sont l’expression des effets biologiques réels des impacts environnementaux chez les personnes atteints qui, à ce moment-là, sont prises dans l’engrenage des régimes alimentaires excessifs. »

 

Le besoin de traiter tôt

Ces travaux ouvrent la possibilité d’un mécanisme épigénétique – c’est-à-dire lié à la lecture des gènes – dans les conséquences de l’anorexie mentale. Ils pourraient aussi expliquer pourquoi, lorsqu’ils deviennent chroniques, les troubles du comportement alimentaire sont plus persistants. «  Ces résultats montrent que les mécanismes physiques agissant sur les fonctions physiologiques et sur celles du système nerveux dans l’organisme pourraient être à l’origine de nombreux effets de chronicité », conclut le Dr Steiger, directeur du Programme des troubles alimentaires à l’Institut Douglas. « En somme, ils soulignent l’importance de donner aux gens la possibilité de recevoir des traitements efficaces le plus tôt possible. » La question est désormais de savoir si, en atténuant les symptômes de l’anorexie, il est possible de rééquilibrer la méthylation de l’ADN. A l’Institut Douglas, les recherches dans ce sens ont commencé.

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