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Méningite C : un pharmacien décède d'une forme rare de la maladie

La méningite de type C n’est pas la plus fréquente en France. Sur les 559 méningites notifiées en 2012, 68% étaient dues au méningocoque B contre 18% pour le C. Elle est en revanche la plus meurtrière.

Méningite C : un pharmacien décède d'une forme rare de la maladie PFG/SIPA

  • Publié 03.10.2014 à 14h53
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Un jeune pharmacien nancéien de 27 ans est décédé brutalement ce jeudi d'une méningite. Ce professionnel de santé aurait contracté un méningocoque de type C dans une de ses formes les plus virulentes. Admis hier dans l'après-midi au CHRU de Nancy, le jeune homme a en effet rapidement sombré dans le coma pour succomber en fin de journée. Une méningite dite « foudroyante » donc. pourquoidocteur revient sur cette méningite de type C qui n’est pas la plus fréquente en France.

Moins fréquente mais plus meutrière
En effet, sur les 559 méningites notifiées en 2012, 68 % étaient dues au méningocoque B contre 18 % au méningocoque C. Elle est en revanche la plus meurtrière, avec 14 % de décès des personnes infectées contre 5 à 8 % pour les autres formes de méningite.
Plus inquiétant encore, les chiffres publiés en janvier 2014 dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) ont ajouté la méningite de type C à la liste des maladies en recrudescence faute de couverture vaccinale adéquate.
Ansi, entre 2010 et 2012, le nombre de cas pour 100 000 habitants a quasiment doublé chez les moins de 1 an, les 15-19 ans et les adultes de plus de 25 ans. Et le problème s’installe puisque les auteurs du BEH soulignent que 85 cas d’infections par le méningocoque C sont survenus au 1ersemestre 2013 contre 99 pendant toute l’année 2012.

Une campagne de vaccination lancée en catimini
Alors, pour éviter ces décès souvent fulgurants, le calendrier vaccinal recommande depuis 2010 la vaccination systématique de tous les enfants de plus de 1 an et des adultes jusqu’à 24 ans. L’objectif visé était de protéger les plus concernés, c’est à dire les nourrissons de moins de 1 an, sans alourdir encore leur calendrier vaccinal, mais en vaccinant ceux qui dans leur entourage sont susceptibles de leur transmettre l’infection.
« Les Hollandais ont adopté cette stratégie avec succès, ils ont aujourd’hui des taux de couverture vaccinale de l’ordre de 90 % qui assurent la protection des nourrissons et des adolescents », expliquait à l'époque dans pourquoidocteur le Dr Robert Cohen (1), pédiatre et infectiologue au Centre hospitalier de Créteil..

Sauf que pour le moment en France, l’échec est tangible. Le BEH rapportait en effet des taux de couverture vaccinale au 31 décembre 2013 de seulement 50 % chez les 1-4 ans, 30 % chez les 5-9 ans et decrescendo jusqu’à 3 % à peine chez les jeunes adultes. Ce qui est totalement insuffisant pour assurer l’immunité de groupe recherchée.
Pour le Dr Robert Cohen, l’explication est limpide : « Qui a entendu parler de l’importance de cette vaccination ? Les pouvoirs publics n’ont même pas émis le moindre support de communication, pas de spots radios ou télé, rien ! » L’obstacle financier, en revanche, peut être écarté puisque la dose vaccinale est remboursée à 65 % par la sécurité sociale et complétée par les mutuelles.

(1) Le Dr Robert Cohen déclare prendre part à des essais cliniques en qualité d’investigateur principal, coordonnateur ou expérimentateur principal pour GSK et Pfizer. Il déclare également recevoir des versements substantiels au budget d’une institution dont il est responsable de la part de Pfizer, GSK, Sanofi Pasteur MSD et Novartis.





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