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QUESTION D'ACTU

Contraception pour l'homme

Un gène clé identifié dans la fertilité masculine

Des chercheurs écossais ont identifié un gène indispensable à la finalisation des spermatozoïdes. Une découverte majeure pour comprendre l’infertilité et envisager une contraception masculine.

Un gène clé identifié dans la fertilité masculine PETILLOT/SIPA

  • Publié 27.05.2012 à 11h55
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Il s’appelle Katnal 1 et à lui seul ce gène peut bloquer la fabrication de spermatozoïdes. Une équipe de l’Université d’Edimbourg au Royaume-Uni vient de mettre en évidence chez des souris que ce gène est indispensable pour permettre l’une des dernières étapes de maturation des spermatozoïdes. Si les chercheurs parviennent à transposer ce résultat chez l’homme, Katnal 1 est potentiellement un interrupteur de la fertilité masculine. Il peut donc s'agir d'une cible pour développer une pilule contraceptive pour homme. Le fait qu’il intervienne à la fin de la maturation est un vrai atout. En effet, chez l'homme, la spermatogénèse dure 70 jours et si le contraceptif intervient au début du processus, il faut attendre 70 à 90 jours pour être certain que l’effet contraceptif recherché est atteint.

Bernard Jégou, biologiste de la fertilité masculine, Unité Inserm 625 à Rennes : « On casse le processus dans les 10 derniers jours »



Mais plus qu’une future contraception pour homme, cette découverte est une grande avancée dans la compréhension de certaines infertilités masculines qui restaient jusqu’ici sans explication.

Bernard Jégou : « On va mieux comprendre l’origine de certaines stérilités »



C’est d’ailleurs en étudiant les causes possibles de stérilité masculine que les chercheurs ont mis en évidence le gène Katnal 1 sur le 5e chromosome. Mystère de la génétique, il s'agit d'ailleurs d'un chromosome que les femmes possèdent aussi.

Alors que sa version féminine est disponible depuis 1960 aux Etats-Unis et 1967 en France avec la loi Neuwirth, le chemin jusqu’à une pilule masculine s'annonce encore semé d’embûches. Avec Katnal 1, c’est le gène cible qui a été identifié, sous réserve que le mécanisme humain soit le même que celui de la souris. Si c’est le cas, il y a deux moyens pour interrompre le processus : génétiquement ou par voie médicamenteuse.
La voie génétique semble complexe puisqu’on ne sait pas encore inactiver un gène de façon momentanée. La voie pharmacologique serait plus accessible à condition de trouver une molécule capable de bloquer l’action de Katnal 1. « On toucherait à une fonction essentielle, explique Bernard Jégou. Le risque, c’est de voir toute l’activité testiculaire s’effondrer ou de ne pas pouvoir garantir la réversibilité de l’effet contraceptif.»
Les auteurs écossais soulignent toutefois que le gène qu'ils viennent de découvrir ne perturbe pas la fabrication des spermatozoïdes mais la dernière étape de leur maturation, ce qui devrait faciliter la réversibilité du blocage contraceptif. Mais avec de tels effets secondaires redoutés, il est n'est pas certaine que cette pilule ait du succès dans la gent masculine. La parité contraceptive n’est visiblement pas pour demain …

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