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Antibiorésistance : l'OMS dénonce une menace devenue réalité

Dans un rapport de surveillance sur 114 pays, l’Organisation Mondiale de la Santé dresse un constat alarmant : des infections bénignes pourraient tuer à nouveau faute d'antibiotiques efficaces.

Antibiorésistance : l'OMS dénonce une menace devenue réalité DURAND FLORENCE/SIPA

  • Publié 01.05.2014 à 11h30
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«Cette grave menace n'est plus une prévision, mais bien une réalité dans chaque région du monde. Tout un chacun, quels que soient son âge et son pays, peut être touché». Le sous-directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour la sécurité sanitaire, le Dr Keiji Fukuda n'a pas caché son inquiétude hier en présentant les résultats de surveillance de l'antibiorésistance de 114 pays du globe. « A moins que les nombreux acteurs concernés agissent d’urgence, […] le monde s’achemine vers une ère postantibiotique, où des infections courantes et des blessures mineures qui ont été soignées depuis des décennies pourraient à nouveau tuer », a-t-il averti.


70 000 infections urinaires résistantes par an en France

L'OMS s'est penchée sur sept bactéries responsables de maladies graves et courantes : les infections hématologiques (septicémie), les diarrhées, les pneumonies, les infections des voies urinaires et la gonorrhée, une infection sexuellement transmissible. Le constat est sans appel : ces bactéries résistantes aux antibiotiques sont présentes dans toutes les régions du monde. L’Europe est principalement concernée par les formes résistantes des bactéries Klebsiella pneumoniae, responsables d'infections respiratoires et intestinales. Autre menace croissante : les infections urinaires causées par des bactéries Escherichia coli résistantes aux antibiotiques de la famille des fluoroquinolones. Dans certaines régions du monde, l'OMS note que plus de la moitié des patients ne répondent pas au traitement. En France, on estime à 70 000 cas par an le nombre d'infections urinaires qui résistent aux antibiotiques classiques.

Les patients atteints par une bactérie résistante sont donc malades plus longtemps et risquent davantage de succomber à leur infection, avertit l’OMS. C’est le cas avec le Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM), qui cause 60 % des infections par staphylocoque en Europe. Le risque de décès bondit dans la même proportion, ce qui entraîne une explosion des coûts de soins. Et des infections aujourd'hui considérées comme anodines, telles que l'infection urinaire, pourraient de nouveau tuer, faute de traitement efficace contre la bactérie. « Les bactéries résistantes aux  antibiotiques sont responsables de 25 000 morts par an en Europe. Ce n’est pas une menace anecdotique », s’indignait en avril dernier Jean-Paul Stahl, infectiologue au CHU de Grenoble.

 

Marisol Touraine mise sur la vente des antibiotiques à l'unité

Les solutions pour prévenir la résistance aux antibiotiques sont pourtant connues de longue date, tant la menace plane depuis de nombreuses années. Prévenir les infections en améliorant l’hygiène et l’accès à l’eau potable et aux sanitaires constitue la première étape. A l’échelle individuelle, tout commence par le célèbre slogan de l'Assurance Maladie "les antibiotiques c'est pas automatique". Ensuite, l’OMS recommande de respecter strictement les ordonnances, et de ne pas partager ses antibiotiques.

En France, la ministre de la Santé Marisol Touraine a réagit à ce rapport alarmant de l'OMS en rappelant sur Twitter que la lutte contre l'antibiorésistance était l'une de ses priorités et que les antibiotiques seraient les premiers médicaments concernés par l'expérimentation de vente à l'unité. En ne donnant au malade que le nombre exact de comprimés nécessaires à son traitement, on évite ainsi la tentation de reprendre en automédication un antibiotique prescrit pour une précédente infection, ce qui a pour effet de sélectionner les bactéries résistantes.  

 

Avoir toujours un nouvel antibiotique d'avance

Le suivi des résistances doit encore être amélioré, selon l'OMS, qui préconise des systèmes de surveillances à l'image de ceux existants dans l'UE ou aux USA. Dernière étape clé : garder de l’avance sur les résistances, c'est à dire poursuivre le développement de nouveaux antibiotiques pour pouvoir proposer des alternatives aux patients résistants à certaines molécules. Ce n'est pas du tout le cas pour le moment et l'OMS réclame une collaboration plus étroite des gouvernements et des laboratoires pharmaceutiques.

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