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QUESTION D'ACTU

Chez les patients séropositifs

Quand la thérapie génique permet de résister au VIH

Une équipe américaine a développé des « ciseaux moléculaires » qui retirent un récepteur sur les globules blancs attaqués par le VIH. Cette thérapie génique rend les patients résistants au virus.

Quand la thérapie génique permet de résister au VIH Jens Meyer/AP/SIPA

  • Publié 06.03.2014 à 16h56
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Lutter naturellement contre le VIH sera peut-être possible un jour. Des chercheurs américains ont développé une thérapie génique qui « apprend » au corps à résister à ce virus responsable d’immunodéficience. Les résultats de l’étude de phase I sont parus ce 5 mars dans le New England Journal of Medicine.

 

Des « ciseaux moléculaires »

12 patients séropositifs ont participé à cet essai clinique. Les chercheurs ont modifié certains gènes pour qu’ils résistent naturellement à la charge virale après une infection par le VIH. Pour cela, ils ont utilisé des nucléases à doigt de zinc (ZFN), des protéines fabriquées artificiellement. Elles sont capables de détecter et de couper des segments d’ADN. Ici, les nucléases ont ciblé une partie des lymphocytes T, que le VIH détruit. Ces « ciseaux moléculaires » se sont attaqués au récepteur de surface CCR5, qu’on trouve sur les cellules T. Comme l’on découvert d’autres chercheurs en 2006, les lymphocytes T sans ce gène sont très résistantes au VIH.

 

En « coupant » le gène CCR5, les chercheurs ont imité une mutation naturelle qui permet de résister au virus. Elle concerne environ 1% de la population, et se manifeste par l’absence du gène CCR5. Les patients séropositifs deviennent donc résistants à l’infection. « Cette étude montre que nous pouvons traiter de manière sûre et efficace les propres lymphocytes T du patient pour imiter une résistance naturelle au virus, infuser ces cellules modifiées, les faire persister dans le corps, et potentiellement éviter une augmentation de la charge virale, sans médicaments », explique le Dr Carl H. June, auteur principal de l’étude. Il estime que « les lymphocytes T modifiés sont la clé pour éliminer le besoin à vie d’ARV, voire pour mener à des approches curatives fonctionnelles du VIH/Sida. »

 

La charge virale recule chez 4 patients

Les participants à l’étude ont été séparés en deux groupes. Six d’entre eux ont poursuivi leurs antirétroviraux, les autres ont cessé leur traitement quatre semaines après le début de la thérapie génique. Selon les auteurs, une semaine après la première infusion, un pic de lymphocytes T a été observé. Les niveaux ont ensuite diminué, mais de manière bien moins significative pour les lymphocytes T modifiés. Chez 4 patients, la charge virale a continué de reculer, même après l’arrêt des antirétroviraux.

L’un des patients a connu une amélioration imprévue : la charge virale est passé sous la limite détectable. Il s’est avéré que ce participant était porteur de la mutation du CCR5 sur une paire de chromosomes. « Puisque la moitié des gènes CCR5 du sujet était naturellement perturbée, l’approche de la thérapie s’est construite sur cette base héréditaire. Ce cas nous a permis de bien mieux comprendre cette mutation ainsi que la réponse du corps à la thérapie », explique le Dr Bruce L. Levine.

 

D’autres essais vont évaluer l’efficacité de cette approche au sein d’une population plus large, mais la thérapie génique sur une mutation CCR5 a déjà fait ses preuves. Un patient atteint de leucémie myéloïde aiguë a guéri après la transplantation de cellules souches porteuses de la mutation. Depuis 2008, il ne manifeste plus de symptômes de maladie.

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