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QUESTION D'ACTU

Mortalité prématurée des hommes

Alcool : 1 Russe sur 4 meurt avant 55 ans

 L’excès d’alcool et particulièrement de vodka explique une grande partie de cette forte mortalité prématurée chez les hommes.  

Alcool : 1 Russe sur 4 meurt avant 55 ans Une vitrine du musée de la vodka, à Ouglitch en Russie. SICHOV/SIPA

  • Publié le 31.01.2014 à 12h55
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Consommation d’alcool frelaté, accidents, violences, suicides, cancers du foie ou de la gorge, tuberculose, pancréatite ou hépatite… En Russie, plus qu’ailleurs, la liste des causes de décès liées à l’alcool est longue. C’est ce qui ressort d’une vaste étude menée par le Centre russe du cancer, l’Université d’Oxford et le Centre international de recherche sur le cancer et publiée dans la revue médicale The Lancet.

 

Hécatombe parmi les gros buveurs

La Russie accuse des taux de mortalité prématurée extrêmement élevés, un quart des hommes russes meurent avant l’âge de 55 ans, soit deux fois plus qu’en Grande-Bretagne.
Pour comprendre cette mortalité précoce, les chercheurs ont suivi pendant plus de 10 ans 151 000 adultes âgés de 35 à 74 ans. Dans l’intervalle, plus de 8000 d’entre eux sont décédés et les auteurs ont mis en évidence un taux de décès particulièrement élevé chez les hommes ayant consommé au moins 3 bouteilles de vodka (soit plus d’1,5 litre) par semaine. Les hommes fumeurs âgés de 35 à 54 ans et consommateurs de plus de 3 bouteilles hebdomadaires avaient un risque de mourir dans les 20 ans de l’ordre de 35%, soit plus du double d’un fumeur du même âge un peu moins porté sur la boisson et consommant moins d’une bouteille de vodka par semaine. Après 55 ans, le risque de décès dans les 20 ans passait à 64% pour les gros buveurs et 50% pour les autres.  

 

Les restrictions sur les ventes impactent directement la mortalité

« Les taux de décès des Russes ont beaucoup fluctué ces 30 dernières années, au gré des restrictions sur l’alcool et de l’instabilité sociale sous les présidences de Gorbatchev, Eltsine et Poutine. Et l’élément principal qui guide ces variations de mortalité, c’est la vodka », souligne le Pr Richard Peto, l’un des auteurs britanniques de cette étude. Par exemple, les restrictions mises en place en 1985 par Mikhail Gorbatchev avaient permis une diminution de consommation de 25% répercutée sur le taux de décès. Mais la consommation comme les décès sont repartis à la hausse après l’effondrement de l’URSS.
« Le déclin significatif des taux de mortalité russes depuis l’introduction de contrôles sur la vente d’alcool en 2006 démontre la réversibilité de cette crise sanitaire liée à l’alcoolisation excessive, affirme le Pr David Zaridze, chercheur au Centre russe du cancer et premier auteur de l’étude. Les personnes que leur consommation d’alcools forts met en danger réduisent considérablement leur risque de décès dès qu’ils arrêtent ».
L’espérance de vie des hommes russes est actuellement de 64 ans, parmi les 50 plus basses au monde.

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