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Maladie de Parkinson : les substances toxiques de l’environnement en cause ?

Pesticides, produits de nettoyage, aliments contaminés... L’exposition à des toxines environnementales, inhalées ou ingérées, peut être à l’origine de prédispositions à la maladie de Parkinson, selon une étude.

Maladie de Parkinson : les substances toxiques de l’environnement en cause ? Popartic / istock




L'ESSENTIEL
  • Des chercheurs suggèrent que la maladie de Parkinson serait le résultat de processus qui commencent soit dans le centre cérébral de l’odorat (cerveau d’abord), soit dans le tube digestif (corps d’abord), ou les deux. Mais la cause serait commune : l’exposition à des substances toxiques qu’on trouve dans l’environnement.
  • Pesticides, produits de nettoyage, pollution de l’air, mais aussi aliments contaminés : l’exposition à des toxines environnementales peut être à l’origine de la formation de la protéine alpha-synucléine, dont l’accumulation dans le cerveau est une caractéristique clé de la maladie de Parkinson.
  • "Notre étude renforce encore l'idée que la pathologie peut être alimentée par des substances toxiques présentes dans l’environnement, et donc largement évitable", affirment les auteurs.

Dans le nez ou les intestins ? Alors que la question de l’origine de la maladie de Parkinson taraude la science depuis des décennies, des chercheurs d’universités américaine et danoise soutiennent aujourd’hui que l'affection neurodégénérative serait le résultat de processus qui commencent soit dans le centre de l’odorat du cerveau, soit dans le tube digestif, ou les deux.

Reste que la cause, elle, serait commune : l’exposition à des substances toxiques qu’on trouve dans l’environnement. Leurs travaux ont été publiés dans le Journal of Parkinson's Disease ce 11 avril, à l’occasion de la Journée mondiale de la pathologie.

Maladie de Parkinson : un lien avec des toxines inhalées et/ou ingérées

La communauté scientifique sait depuis 25 ans que l’une des caractéristiques clés de la maladie de Parkinson est l’accumulation dans le cerveau d’une protéine mal repliée appelée alpha-synucléine, qui provoque un dysfonctionnement progressif et la mort de cellules nerveuses, notamment dans les régions qui contrôlent la fonction motrice.

Or la nouvelle étude fait valoir que certaines toxines rencontrées dans l’environnement peuvent être à l’origine de la formation d’alpha-synucléine : c’est le cas des produits chimiques de nettoyage à sec et de dégraissage à base de trichloroéthylène (TCE) et de perchloroéthylène (PCE), mais également du paraquat, un herbicide très utilisé dans l’agriculture, et plus généralement, des toxines associées à la pollution de l’air.

Quand elles sont inhalées, en effet, ces substances toxiques peuvent pénétrer dans le cerveau via le nerf responsable de l'odorat et, "à partir du centre olfactif du cerveau, l'alpha-synucléine se propage à d'autres régions du cerveau", peut-on lire dans un communiqué. Lorsqu’elles sont ingérées, par exemple via des aliments ou de l’eau contaminés, ces toxines passent par la muqueuse du tube digestif et, "depuis le système nerveux intestinal, l'alpha-synucléine se propage dans le cerveau et la moelle épinière".

Les origines de Parkinson associées à des facteurs environnementaux

"Notre étude suggère que la maladie de Parkinson est une maladie systémique qui naît dans le nez et l'intestin et dont les racines sont liées à des facteurs environnementaux reconnus comme des contributeurs majeurs, sinon des causes, de la pathologie, affirment les chercheurs. Cela renforce encore l'idée que la maladie peut être alimentée par des substances toxiques, et donc largement évitable." Tel est, selon eux, l’intérêt principal de leurs travaux : inciter à la prévention.

Reste une inconnue à l’équation : "Ces toxines environnementales sont très répandues et, pourtant, tout le monde n’a pas la maladie de Parkinson." D’après les scientifiques, "le moment, le niveau et la durée d’exposition, mais également les interactions entre les facteurs génétiques et environnementaux" pourraient expliquer pourquoi certaines personnes sont plus à risque de développer la pathologie. Toujours est-il que "dans la plupart des cas, ces expositions se sont sûrement produites des années voire des décennies avant l'apparition des premiers symptômes".

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