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Alimentation et santé

Allergies alimentaires : ce médicament réduit les dangers d'une exposition accidentelle

Des injections d’Omalizumab permettent de réduire les risques de réactions graves en cas d’allergie alimentaire. Cela concerne les éventuelles expositions accidentelles à l'allergène. 

Allergies alimentaires : ce médicament réduit les dangers d'une exposition accidentelle stefanamer/ISTOCK




L'ESSENTIEL
  • Les allergies alimentaires peuvent se déclencher même en cas d'exposition à une petite quantité d'aliment.
  • Elles peuvent entraîner des réactions graves et potentiellement mortelles.
  • Des chercheurs ont découvert qu'un médicament réduit fortement le risque de réaction allergique en cas d'exposition accidentelle.

En 2050, la moitié de la population mondiale pourrait être allergique, d’après l’Organisation mondiale de la Santé. L’alimentation fait partie des allergisants potentiels : ce type de pathologie "se produit lorsque l’exposition à un aliment particulier déclenche une réponse immunitaire anormale", prévient la FAO, l’organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. "Elles sont imprévisibles et leurs symptômes peuvent aller de légères éruptions cutanées localisées à une réaction anaphylactique grave", complète-t-elle. Elles peuvent ainsi être très dangereuses, mais il est aujourd’hui compliqué de les traiter. Une équipe de l’école de médecine de Stanford aux États-Unis travaille sur un traitement potentiel. Les résultats prometteurs de leur étude sont publiés dans The New England Journal of Medicine. 

Allergie alimentaire : l'exposition accidentelle peut être dangereuse 

"Les patients touchés par des allergies alimentaires sont quotidiennement à risque de réactions potentiellement mortelles dues à des expositions accidentelles", prévient l'auteur principal de l'étude, Robert Wood, professeur de pédiatrie à la faculté de médecine de l'université Johns Hopkins. Avec son équipe, ils ont découvert un médicament capable de protéger les personnes concernées en cas d’exposition accidentelle : l’Omalizumab. À l’origine, ce médicament avait été approuvé par les autorités sanitaires américaines pour traiter des maladies comme l'asthme allergique et l'urticaire chronique. Dans ces récents travaux, ils ont testé ses effets sur l’allergie alimentaire. Ce médicament est un anticorps injecté "qui désactive tous les types d’immunoglobine E, ou IgE, la molécule allergène présente dans le sang et sur les cellules immunitaires de l’organisme".

Le test a porté sur 177 enfants atteints d’au moins trois allergies alimentaires. Pour chacun d’eux, l’exposition à moins de 100 milligrammes de protéines d’arachide déclenchait une réaction. Après le traitement par injections, 79 patients (66,9 %) ayant pris de l'Omalizumab ont pu tolérer au moins 600 mg de protéines d'arachide, soit la quantité contenue dans deux ou trois cacahuètes, contre seulement quatre patients (6,8 %) ayant reçu le placebo. "Des proportions similaires de patients ont montré une amélioration de leurs réactions aux autres aliments de l’étude", précisent les auteurs. Par ailleurs, aucun effet secondaire n’a été enregistré.  

Allergie alimentaire : pourquoi ces nouveaux traitements sont nécessaires ? 

"Il est conseillé aux personnes souffrant d'allergies graves d'éviter complètement les aliments contenant leurs déclencheurs d'allergies, mais les allergènes courants tels que les arachides, le lait, les œufs et le blé peuvent être cachés dans de nombreux endroits, rappellent les scientifiques américains. Les activités quotidiennes comme participer à des fêtes et manger au restaurant peuvent être compliquées." Cela a différentes conséquences sur la vie sociale et psychologique, mais cela peut aussi avoir un impact économique car les personnes concernées sont obligées d’acheter des aliments sans allergènes, souvent plus chers.

Le traitement est donc la principale manière de réduire les conséquences des allergies alimentaires. La prise en charge la plus efficace aujourd’hui repose sur l’immunothérapie, mais le processus est long et ne permet de traiter qu’une seule allergie à a fois. "Il existe un réel besoin d'un traitement qui va au-delà de la vigilance et offre des choix à nos patients allergiques aux aliments", estime Sharon Chinthrajah, co-autrice de l’étude. Pour le moment, l’équipe doit trouver des réponses à différentes interrogations notamment sur la durée d’efficacité de ce nouveau traitement. 

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