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Mode de vie

Les procréations tardives font chuter la natalité

Des raisons économiques, médicales, le mode de vie et le désir tardif de procréation expliquent la baisse du nombre d'enfants dans plusieurs pays européens.

Les procréations tardives font chuter la natalité DURAND FLORENCE/SIPA

  • Publié 09.12.2013 à 07h00
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La probabilité pour ou une femme d'aujourd’hui de ne pas faire d’enfant est deux fois plus importante qu’il y a trente ans. Le constat a été établi par l’Office national des statistiques du Royaume-Uni (ONS). Une britannique sur cinq qui fêtait ses quarante-cinq ans l’année dernière n’avait pas eu d’enfant, alors qu’elles étaient une sur dix dans les années 70. Les chercheurs ont aussi comparé le taux de procréation des femmes nées en 1967, avec celles nées en 1940. Les femmes nées en 40 avait en moyenne 2,36 enfants alors que leurs filles n’en ont eu que 1,91. 



Les raisons sont avant tout sociologiques et économiques. L’ONS pointe ainsi l’augmentation du coût de la vie, la baisse du nombre de mariages, le développement de la contraception. Le phénomène ne concerne pas seulement les femmes d’Outre-Manche, les Françaises avaient en moyenne 2,6 enfants au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le taux est tombé à 1,8 au début des années 80 selon l’INSEE. 


Derrière les évolutions sociologiques et les crises économiques, y a-t-il aussi des raisons médicales à cette baisse de la fécondité ? Les femmes ont adopté par exemple les mauvaises habitudes tabagiques des hommes. Ainsi, « chez les femmes françaises, le risque de décès par cancer du poumon va dépasser le risque de décès par cancer du sein dans deux ou trois ans », notait Catherine Hill du service épidémiologique des cancers à l'Institut Gustave Roussy en 2012. Les femmes sont aussi plus frappées par l’obésité. Selon les derniers chiffres de l’enquête ObEpi, 15,7 % des femmes sont obèses en France en 2012 contre 14,3 % chez les hommes.
Autant de facteurs de risque pour la fertilité… Mais pour le Dr Joelle Belaisch-Allart, chef du service de gynécologie obstétrique et médecine de la reproduction au centre hospitalier des Quatre Villes à Sèvres (92), l’ennemi numéro 1 de la fertilité, c’est l’âge, que ce soit pour les femmes comme pour les hommes.


Ecouter le Dr Joelle Belaisch-Allart, service de la reproduction au centre hospitalier des Quatre Villes à Sèvres. « L’âge est le facteur primordial ».


Le désir tardif d’enfant est une réalité chez les femmes. Ainsi, l'âge moyen du premier enfant chez les Françaises n'atteignait même pas les 24 ans en 1970, alors qu’il est passé à 28 ans en 2012. Or l’âge fait baisser rapidement la fertilité des femmes : les chances de grossesse par cycle sont ainsi de 25 % à 25 ans, 12 % à 35 ans et 6 % à 40 ans. Après 45 ans, elles sont quasi nulles.
« C’est pour cette raison que je milite tellement pour l’auto-conservation ovocytaire, plaide le Dr Joelle Belaisch-Allart. Cette technique permettrait aux femmes qui veulent avoir un enfant un peu plus tard de pouvoir utiliser leurs ovocytes autoconservés si elles ont des difficultés pour être enceinte. »


En outre, cette spécialiste de la fertilité souligne que le désir tardif d’enfant concerne aussi les hommes. « Les hommes connaissent aussi une augmentation des problèmes d’infertilité, liée à une baisse de la qualité du sperme en raison de l’âge et peut-être de la pollution environnementale. » Sans remettre en cause, les évolutions des comportements, Joelle Belasich-Allart souhaite que les jeunes couples soient mieux informés des risques liés à l’âge.

Ecouter le Dr Joelle Belaisch-Allart. « Informer les hommes et les femmes que la fertilité du couple chute avec l’âge. »

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