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QUESTION D'ACTU

Dépression

Qu’est-ce que le «syndrome d’hospitalisme» dont peuvent souffrir certains bébés à la naissance ?

Les nourrissons placés doivent parfois passer de longs moments à l’hôpital ou dans les pouponnières, avant de retrouver leurs parents ou de rejoindre une famille d'accueil. Cela peut entraîner un syndrome de dépression.

Qu’est-ce que le \ Jacek_Sopotnicki/istock


  • Publié le 10.08.2022 à 13h40
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L'ESSENTIEL
  • Une pouponnière accueille en urgence des enfants, âgés de 0 à 3 ans, séparés de leurs parents soit pour un accueil temporaire, soit par décision de justice.
  • Il existe 33 pouponnières à caractère social en France.
  • Au total, 850 places sont disponibles pour les bébés placés.

Des cas de dépression chez des nouveaux-nés, hospitalisés pendant des semaines voire des mois ou placés dans des pouponnières déjà chargées. Dans une enquête parue le 2 août dernier, Le Figaro s’intéresse aux bébés souffrant du syndrome d’hospitalisme. Selon le Larousse, ce trouble est une altération du développement psychomoteur chez le très jeune enfant, provoquée par un placement prolongé en institution ou par une carence affective grave. 

Un syndrome identifié en 1946 

"Cette forme de dépression liée à une carence affective et à l’absence d’une figure d’attachement dans le cadre d’un long séjour à l’hôpital ou d’un placement a été décrite pour la première fois en 1946 par le psychiatre René Spitz", explique le quotidien. Dans un ouvrage intitulé La Première Année de la vie, paru en 1965, le psychiatre américain tire les conclusions d’observations menées sur 123 bébés placés dans des pouponnières, et séparés de leurs mères emprisonnées. Il remarque alors qu’ils ont des comportements de retrait, un manque d’expression et une forme de marasme, provoqués par une carence affective globale. Dans son étude, un tiers des enfants décèdent.

Des cas recensés en France

Plus de cinquante ans plus tard, des enfants souffrent toujours de ce même syndrome. Au cours de l’été 2021, une dizaine de cas ont été recensés au CHU de Nantes (Loire-Atlantique). D’autres structures sont aussi concernées, par manque de moyen et de place pour ces enfants. Selon l’article du Figaro, la prise en charge des nourrissons est devenue plus compliquée à cause de différents facteurs : "diminution et vieillissement des familles d’accueil, qui ne veulent pas prendre en charge les moins de 3 ans, crise du recrutement des professionnels et hausse des mesures de placement des enfants dans le cadre de la crise sanitaire."

Une "réanimation" psychique 

"Ils ont souvent des retards de poids, des problèmes de santé non traités, des carences multiples, constate le pédopsychiatre Daniel Rousseau au Figaro. Certains ont vécu des privations affectives terribles. Leurs besoins sont énormes. Ce sont des enfants qui peuvent se mettre à vomir quand on se détourne d’eux, par exemple. Il y en a d’autres que l’on n’entend pas, qui ne réclament pas leur biberon, ne pleurent pas, qui ont lâché prise sur le plan relationnel."

Toutefois, la prise en charge de l’hospitalisme s’améliore. "On ne voit plus les tableaux d’hospitalisme comme à l’époque de l’après-guerre, où un tiers de ces enfants se laissaient mourir", prévient Daniel Rousseau. Pour soigner ces enfants, il faut mettre en place une "réanimation" psychique, en leur accordant beaucoup d’attention, en pratiquant le portage, etc. Selon le pédopsychiatre, une prise en charge adaptée, de quelques mois, à trois ans, peut permettre la disparition totale des symptômes. 

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