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Infectiologie

La variole du singe serait-elle une infection sexuellement transmissible ?

En Europe, la variole du singe est très présente chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Pour certains infectiologues, la monkeypox s’apparente plus à une infection sexuellement transmissible qu’à la forme classique de la maladie.

La variole du singe serait-elle une infection sexuellement transmissible ? Berkay Ataseven/istock


  • Publié le 16.07.2022 à 09h39
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L'ESSENTIEL
  • Un premier cas de variole du singe a été enregistré en Martinique ce vendredi 15 juillet.
  • Le vaccin actuellement disponible est administré post-exposition, c’est-à-dire après le contact avec une personne infectée.

On a tellement voulu au début ne pas stigmatiser la population à risque [les hommes ayant des relations homosexuelles] que l'on est restés sur des descriptions historiques de la variole du singe dans sa version originelle, c'est-à-dire l'épidémie qui sévissait en Afrique, a expliqué Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital de Garches dans les Hauts-de-Seine, sur Franceinfo. En réalité, celle que l'on observe aujourd'hui est typiquement la présentation d'une infection sexuellement transmissible avec parfois des lésions qui sont très difficiles à discerner (...). Et malheureusement, le fait de passer à côté du diagnostic fait qu'on ne va pas consulter et que l'on va contaminer”. 

Une infection sexuellement transmissible 

Les infections sexuellement transmissibles (IST) sont des infections dues à des bactéries, virus et parasites et transmises par voie sexuelle. Selon l’Assurance maladie, la fréquence des IST est en augmentation en France, sauf pour le VIH dont le nombre annuel de découvertes de séropositivité est stable depuis 2007. “Il y a des éléments dans certaines publications sur des séries de petits cas qui montrent que le sperme des patients malades était également contaminant, précise Benjamin Davido. On voit bien que c'est une maladie qui, affectant les parties génitales, est en partie sexuelle”.

Beaucoup de cas…

Selon le dernier point de situation publié par Santé publique France le 12 juillet, il y aurait 912 cas confirmés de variole du singe en France. Parmi eux, 569 ont été recensés en Ile-de-France, 87 en Auvergne-Rhône-Alpes, 68 en Occitanie, 47 en Nouvelle Aquitaine, 47 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, 34 dans les Hauts-de-France, 18 en Grand Est, 13 en Normandie, 9 en Bretagne, 8 en Centre-Val de Loire, 5 en Pays-de-la-Loire, 3 en Bourgogne-Franche-Comté et 4 cas à l’étranger. L’épidémie progresse donc de plus en plus sur le sol Français. 

…chez les HSH

A ce jour, en France, 97 % des cas pour lesquels l'orientation sexuelle est renseignée sont survenus chez des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), explique Santé publique France. Parmi les cas pour lesquels l'information est disponible, 75 % déclarent avoir eu au moins 2 partenaires sexuels dans les 3 semaines avant l'apparition des symptômes”. Face à cette situation, le 11 juillet dernier, le gouvernement a décidé d'élargir la vaccination contre la variole du singe aux “groupes les plus exposés”, notamment les personnes homosexuelles, celles trans multi partenaires ou encore les travailleurs du sexe. 

L’espoir de la vaccination

Certaines populations sont plus à risque que d’autres face à la variole du singe, comme les immunodéprimés et les personnes séropositives au VIH. Pour les premiers 40 cas ont été recensés, 211 chez les seconds. “On sait qu'il peut y avoir des formes sévères (de la variole du singe), poursuit Benjamin Davido. Le risque, c'est de contaminer des personnes immunodéprimées par exemple, et il y a aussi des patients hospitalisés”. La monkeypox ou orthopoxvirose simienne, les autres noms de la variole du singe, est un virus qui se transmet à l’Homme à partir d’animaux ou d’autres humains. Une personne est contagieuse dès l’apparition des premiers symptômes et doit donc être placée à l’isolement le plus rapidement possible. 

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