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Justice

Affaire Chrysoula Zacharopoulou : réactions d’un gynécologue

A la suite de "l’affaire Chrysoula Zacharopoulou" confiée à la justice, le Dr Julien Niro nous fait part de ses réactions. 

Affaire Chrysoula Zacharopoulou : réactions d’un gynécologue artisteer / istock


  • Publié le 29.06.2022 à 15h00
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L'ESSENTIEL
  • Le parquet de Paris a ouvert une enquête, le 27 mai, après le dépôt de deux plaintes pour viol contre Chrysoula Zacharopoulou.
  • Mme Zacharopoulou a été visée vendredi dernier par une troisième plainte pour violences sans incapacité de travail par une personne chargée d'une mission de service public.

Alors que la secrétaire d’Etat et gynécologue Chrysoula Zacharopoulou est visée par deux plaintes pour viol dans le cadre de sa pratique médicale, le Dr Julien Niro, chirurgien gynécologue à la clinique Hartmann à Neuilly-sur-Seine, revient sur le toucher vaginal dans l’émission de Jean-François Lemoine intitulée « Mise au point sur l’endométriose ».

A quoi sert le toucher vaginal ?

"Il n’y a aucun examen qui est indispensable, mais c’est un examen important, et il faut expliquer pourquoi on le fait. Le toucher vaginal, c’est l’exploration des tissus vaginaux et des tissus qui sont en regard du vagin", explique le Dr Julien Niro.

"Grâce à cet examen, on peut diagnostiquer un kyste ou une endométriose profonde. On peut aussi évaluer la manière dont l’utérus va pouvoir bouger dans le pelvis, et voir si il est souple ou pas. On peut enfin diagnostiquer le diamètre des lésions avant toute échographie ou IRM", poursuit le spécialiste.

Faut-il être un médecin très expérimenté pour faire cet examen ?

"Il faut être expérimenté pour examiner la taille des lésions", souligne le Dr Julien Niro. "Mais par contre, il ne faut pas être expérimenté pour voir que le cul-de-sac est dur et qu’il fait mal. Là, on peut se dire que c’est très probablement de l’endométriose", ajoute-t-il.

Comment apprend-on aux étudiants en médecine à faire un toucher vaginal ?

"Il y a une nécessité de formation des médecins. Il ne faut pas être hypocrite là-dessus et il faut vraiment en parler : examiner les patientes, cela fait partie de la compétence d’un médecin", estime le gynécologue. "Moi qui ai enseigné pendant longtemps, ce n’est pas compliqué de faire ça, à partir du moment où vous communiquez avec la patiente, en lui présentant l’interne, en lui expliquant pourquoi on va faire l’examen et en lui demandant si elle est d’accord qu’il ou elle le fasse", détaille-t-il.  

Faut-il réserver cet examen aux médecins de sexe féminin ?

"On ne doit pas se poser la question de savoir si l’urologue est un homme ou une femme pour dépister un cancer de la prostate en faisant un toucher rectal. C’est exactement la même chose avec le toucher vaginal. On parlerait de ça pour un toucher rectal, on serait au bord du sexisme", estime le Dr Julien Niro.

"En ce qui me concerne, le consentement a été fréquemment recherché", ajoute Yasmine Candau, présidente d'EndoFrance. "Toute cette histoire met aussi en lumière la relation patient/médecin. Aujourd'hui, c'est fini, le médecin qui sait tout et qui n'écoute pas sa patiente. Le toucher vaginal doit donc évidemment être fait dans la bienveillance, dans le consentement et dans l'explication", conclut-elle, sans quoi cet examen peut être traumatisant. 

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