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Fantasme

Mettre une puce dans un vaccin : c'est techniquement possible ... mais cela ne servirait à rien !

L’injection d’une puce électronique à l’aide d’une seringue est possible mais l’utiliser pour échanger des informations reste pour l’instant impossible.

Mettre une puce dans un vaccin : c'est techniquement possible ... mais cela ne servirait à rien ! Miroslav Kovacevic/iStock

  • Publié le 07.09.2021 à 19h00
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L'ESSENTIEL
  • Il est aujourd'hui impossible de faire communiquer cette puce avec l'extérieur et donc de récupérer ses données.
  • Il serait possible d'injecter à l'aide d'une seringue une puce qui aurait la puissance d'un téléphone portable.
  • C'est cette technique qui est utilisée pour le marquage vétérinaire.
  • En revanche, il serait techniquement impossible de récupérer les informations contenues dans cette puce.

C’est l’un des arguments les plus en vues des complotistes : le vaccin serait un moyen d’injecter une puce 5G permettant de collecter tout un tas de données privées. Si ce fantasme est bien éloigné de la réalité, Jean-Marc Routoure, un professeur en électronique à l’université Caen-Normandie, s’est intéressé au sujet afin de savoir si cette opération est possible. Dans un article paru dans The Conversation, il confirme que cela est du domaine du réalisable mais qu'il serait en revanche impossible d’utiliser la puce pour échanger des informations.

Des transistors de seulement 2 nanomètres

L’avancée technologique fait que les puces sont de plus en plus petites et de plus en plus puissantes. Aujourd’hui, les transistors, nécessaire pour réguler le flux de courants électriques, sont tellement petits qu’il est impossible de les voir à l’œil nu. IBM a récemment annoncé avoir mis au point un transistor avec une zone active de seulement 2 nanomètres.

Cette taille infiniment petite rend imaginable la possibilité de graver des transistors sur un morceau de circuit intégré carré qui passerait par le trou de la seringue. L’aiguille possède un trou circulaire de diamètre interne de 0,6mm. Cela laisse la possibilité d’introduire 1,8 milliard de transistors, soit autant que dans les puces qui équipent les précédents processeurs des téléphones. L’opération consistant à introduire une puce électronique puissante et étanche dans une seringue est donc envisageable.

Les chats et chiens, des précurseurs

Reste ensuite à pouvoir utiliser les données de la puce une fois que celle-ci est injectée dans l’organisme de l’hôte. Pour cela, elle doit communiquer avec l’extérieur. Cela demande la mise en place d’antennes pour que cela se fasse sans fil. Pour comprendre comment cela peut marcher, il faut regarder les équations de Maxwell selon lesquelles la taille idéale d’une antenne doit être égale au rapport entre la vitesse de la lumière et la fréquence des ondes électromagnétiques. Concrètement, pour ce cas précis et en prenant en compte la fréquence des ondes de la 5G, il faudrait une antenne d’environ 2,1 cm. “Avec une telle dimension, toute la surface de la puce n’est pas suffisante pour réaliser l’antenne même sous forme d’un serpentin”, affirme Jean-Marc Routoure.

La distance entre la puce et le lecteur se doit d’être faible : plus on allonge la distance plus il faut augmenter la puissance émise et donc grossir le volume de la batterie. En tenant compte de ce principe, la puce devra être directement en contact avec le système de lecture pour pouvoir échanger des informations.

L’échange d’informations est impossible

Concrètement, cela signifie qu’il serait techniquement possible d’injecter une puce relativement puissante par le trou d’une aiguille. En revanche, sa portée pour permettre de recueillir les informations qu'elle contiendrait serait faible et nécessiterait un système de lecture en contact avec la peau, faute d'une antenne aujourd'hui impossible à réaliser.

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