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QUESTION D'ACTU

Qualité de l'air

Même lorsque les normes sont respectées, la pollution atmosphérique tue

Une étude édifiante publiée dans le "British Medical Journal" montre que les normes actuelles de pollution de l’air sont insuffisantes pour prévenir le risque de maladies et de décès, et doivent donc être révisées.

Même lorsque les normes sont respectées, la pollution atmosphérique tue Delpixart/iStock

  • Publié le 03.09.2021 à 11h00
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L'ESSENTIEL
  • Même lorsqu'elles sont respectées, les normes actuelles de pollution de l'air en vigueur aux Etats-Unis et dans l'Union européenne ne préviennent pas le risque de décès.
  • Les personnes exposées aux particules fines (PM2,5), au dioxyde d'azote et au carbone noir sont plus susceptibles de mourir, même lorsque les niveaux sont bas.

De nombreuses études ont montré les risques pour la santé d’une pollution aux particules fines (PM2,5) et au dioxyde d’azote (NO2), en particulier lorsque les niveaux dépassent ceux des normes en vigueur. Mais, bien qu’établie pour protéger la santé humaine et l'environnement, la réglementation sur la qualité de l’air ne peut prévenir totalement le risque de décès.

C’est ce que met en lumière une étude publiée dans le British Medical Journal (BMJ) par l’institut des sciences de l’évaluation des risques de l’université d’Utrecht, aux Pays-Bas. Selon les chercheurs, les taux de mortalité sont plus élevés chez les personnes exposées à la pollution atmosphérique et ce, même si les niveaux étaient autorisés par les normes officielles actuelles.

Une hausse significative des décès naturels

Pour savoir s’il existe un lien entre la pollution inférieure aux limites autorisées actuelles et le risque de maladies ou de décès, les chercheurs ont défini comme limitation des niveaux inférieurs aux valeurs limites actuelles fixées par l'Union européenne, par l'Agence américaine de protection de l'environnement et par les directives de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en matière de qualité de l'air.

Ils ont ensuite analysé les données de huit groupes de personnes dans six pays européens - Suède, Danemark, France, Pays-Bas, Allemagne et Autriche - totalisant 325 367 adultes, suivis sur une période d’environ 20 ans. Au total, 14,5 % (47 131 personnes) sont décédés pendant la période d'étude.

L'analyse des résultats a montré que les personnes qui étaient davantage exposées aux particules fines (PM2,5), au dioxyde d'azote et au carbone noir étaient plus susceptibles de mourir. Une augmentation de la concentration de particules fines de 5 µg/m3 était associée à une augmentation de 13 % des décès naturels. Une augmentation de 10 µg/m3 de dioxyde d'azote était quant à elle associée à une hausse de 8,6 % des décès naturels.

Le risque de décès était encore plus significatif pour les personnes exposées à des niveaux de pollution inférieurs à la norme américaine de 12 µg/m3 : une augmentation de 5 µg/m3 des particules PM2,5 était associée à une augmentation de 29,6 % des décès naturels. Pour les personnes exposées à des niveaux de dioxyde d'azote inférieurs à la moitié de la norme européenne actuelle de 40 µg/m3, une augmentation de 10 µg/m3 du dioxyde d'azote était associée à une augmentation de 9,9 % des décès naturels.

Des normes à revoir

Même s’il s’agit d'une étude d'observation et qu’elle ne peut donc pas établir de cause, les chercheurs estiment que les résultats "contribuent à la preuve que la pollution de l'air extérieur est associée à la mortalité même à des niveaux inférieurs aux normes européennes et nord-américaines actuelles et aux valeurs guides de l'OMS".

"Ces résultats constituent donc une contribution importante au débat sur la révision des limites, des lignes directrices et des normes en matière de qualité de l'air, ainsi qu'aux futures évaluations de l'[étude] sur la charge mondiale de morbidité", concluent-ils.

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